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Homélie pour le 28e Dimanche du Temps Ordinaire

Dimanche 11 octobre 2020

Une nouvelle parabole sur le Royaume des Cieux...

A nouveau, ce dimanche Jésus nous parle du Royaume des Cieux. Pourquoi ? Parce que le Royaume est le don de Dieu par excellence, la valeur essentielle qu’il faut acquérir au prix de tout ce que l’on possède. Il est le lieu de la vraie vie, de notre Salut et de notre communion avec Dieu.

La parabole d’aujourd’hui nous livre les conditions d’accès au Royaume des Cieux.

Tout d’abord, Notre Seigneur nous presse d’y entrer. Parce qu’il est notre destinée, il est la condition de notre bonheur. Son accès ne se fait pas par un acte banal mais par un engagement de tout notre être et de tout l’être de Dieu. C’est ni plus ni moins une alliance qui se célèbre par un festin nuptial. Par cette alliance, nous lui donnons notre humanité avec toute sa fragilité pécheresse et Lui, notre Dieu, nous donne la puissance « transformante » de sa vie divine. Le Seigneur nous presse donc de participer au festin des noces car il sait qu’en dehors de cette alliance pour l’homme ce n’est que souffrance, révolte, mal, mensonge etc. autrement dit l’enfer !

Cependant si Notre Seigneur nous presse de participer au festin des noces avant qu’il ne soit trop tard, en même temps il n’est pas possible d’y participer n’importe comment. L’invitation de Dieu est gratuite mais elle est un don exigeant. Il faut être revêtu du vêtement de la grâce car dans le Royaume de Dieu péché et grâce ne peuvent pas cohabiter.

Aujourd’hui, dans la crise spirituelle et de vérité qui est la nôtre, un virus se propage parmi les chrétiens. Il attaque la foi des chrétiens au point que beaucoup pensent pouvoir entrer dans le Royaume des Cieux sans nécessité d’une véritable conversion, sans la robe nuptiale de la grâce. Ce virus fait croire aux chrétiens que la non-discrimination est une valeur suprême qui fait que Dieu ne peut qu’accueillir toutes les situations. Si bien que l’on en vient à nier qu’il y ait des actes intrinsèquement mauvais qui le demeureront quelles ques soient les circonstances. L’avortement restera toujours un mal, l’adultère aussi… Dieu aime le pécheur mais hait le péché, c’est pourquoi il dit à la femme adultère : «va et ne pèche plus». Son amour du pécheur et sa haine du péché l’a poussé a donner sa vie pour nous en libérer. Il nous donne sans cesse sa miséricorde si nous acceptons de nous éloigner de notre péché ; même si cela se réalise au prix d’un rude combat et de nombreuses chutes.

Aujourd’hui soyons donc sur nos gardes et protégeons-nous contre ce virus qui affadie la foi et la transforme en une foi humaine, sécularisée ; une foi qui a l’homme pour centre et non plus Dieu. Ce virus nous fait voir humainement les plus grands mystères de la foi. Ainsi trop souvent la Sainte Eucharistie est réduite au rite social, fraternel du pain partagé si bien qu’on ne voit plus la grandeur de la Présence Réelle et substantielle de notre Seigneur Jésus et que l’on ne comprend plus ceux qui veulent manifester leur adoration par des gestes particuliers de respects. Ainsi en est-il de l’existence de l’enfer dont la réalité n’est plus acceptée car elle nous fait peur et semble mal s’accorder avec l’idée que l’on se fait de la bonté de Dieu.

Les hommes d’aujourd’hui se sont créés leur petit Royaume qu’ils pensent meilleur et plus efficace que celui  proposé par notre Seigneur Dieu. Ils préfèrent le festin du bien-être, du plaisir et de l’autonomie absolue. Ils croient que la technologie et le progrès scientifique édifieront l’Homme Nouveau et leur donneront le salut. Mais ce festin est le festin de Dame folie. Il est un festin empoisonné tandis que le festin de Dame sagesse est un festin d’éternité.

Ne nous contentons pas d’une espérance sécularisée qui nous fait espérer un monde meilleur, plus solidaire, plus écologique, plus ouvert, plus juste. Tout ceci est beau, fait chaud au cœur mais la vraie espérance chrétienne est bien plus belle. La foi amplifie notre regard, elle nous permet d’observer toute chose avec le regard de Dieu.

St Paul nous donne un exemple de foi et d’espérance étonnant. Souvent écrasé par l’adversité, il ne cherche pas à faire allégeance au monde pour échapper à la contradiction. Il dit : « Je peux tout en celui me fortifie ». Il a compris que ce n’est pas notre puissance et notre pouvoir qui nous rassure mais le Christ car il est notre force et notre roc si nous lui faisons totalement confiance.

Jésus n’enlève pas la croix - il l’a lui-même portée - mais il nous donne la force de la porter et de traverser les ravins de la mort. Aujourd’hui, c’est le temps de la grande épreuve et des pires absurdités. Ainsi on voit grandir le droit des animaux et bafouer le droit à naitre des petits enfants ; on parle de parité et on refuse à l’enfant la plus essentielle, celle d’avoir un père et une mère. Gardons notre espérance en nous redisant sans cesse : « Je peux tout en celui qui me fortifie ».

Certains diront : que sera demain ? Ne nous préoccupons de demain ; ne nous demandons pas si nous serons assez forts mais vivons l’aujourd’hui comme le faisait saint Jean XXIII que nous fêtons en ce jour. Dans son décalogue de la sérénité il disait :

  • Rien qu'aujourd'hui, je croirai fermement — même si les circonstances attestent le contraire — que la Providence de Dieu s'occupe de moi comme si rien d'autre n'existait au monde.
  • Rien qu'aujourd'hui, je n'aurai aucune crainte. Et tout particulièrement je n'aurai pas peur d'apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté.

En ce jour, nous commençons la semaine missionnaire. La mission ne doit être une affaire de communication, ce serait humaniser l’évangélisation. Elle est d’abord un témoignage de notre vie de foi (Cf. Cardinal Sarah, Le soir approche et déjà  le jour baisse, p 299). Ne cachons pas notre foi, au contraire vivons en vérité selon notre foi, quoiqu’il en coûte. La mission se fait avec un corps, une fatigue et une souffrance. Les sacrifices et l’amour du Christ pour les hommes sont notre modèle. Nous irons à la croisée des chemins en portant  ce témoignage pour qu’éclate en beaucoup de cœurs le désir de connaitre Jésus notre unique Sauveur. N’ayons pas peur, avec st Paul répétons souvent : « Je peux tout en celui qui me fortifie ».

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