Laissons-nous guérir par Jésus, la lumière de Dieu !

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Homélie pour le 4ème Dimanche de Carême -Dimanche de Laetare

Dimanche 19 mars 2023

Passer de la lumière des yeux à la lumière de la foi

La liturgie de cette année A nous fait parcourir un véritable itinéraire baptismal. La semaine dernière, « l’eau vive » était promise par Jésus à la Samaritaine, la semaine prochaine c’est la vie qui sera rendue à Lazare, et aujourd’hui c’est la Lumière qui est donnée à l’aveugle né. Eau, Vie et Lumière sont les caractéristiques et les dons du baptême.

En guérissant l’aveugle de naissance, Jésus se révèle comme « la lumière du monde » qui vient nous éclairer. Dans les premiers siècles, l’Eglise désignait le baptême sous le nom de « l’illumination » [cf. Don Guéranger, L’année liturgique, Mercredi 4ème semaine de Carême] car par ce sacrement le Christ vient dispenser sa lumière en nous ouvrant les yeux du cœur, nous qui naissons tous aveugles à cause du péché.

Le texte de l’Evangile rapporte cette parole et ce geste de Jésus : « Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle ». Par ce geste, Jésus rappelle la création de l’homme à partir du limon de la terre. Aujourd’hui, il vient accomplir une création nouvelle en apportant  à notre chair la lumière que nous avions perdue.

Cependant l’application de la boue sur les yeux ne suffit pas, il est demandé à l’aveugle né d’aller se plonger dans la Piscine de Siloé. Siloé veut dire Envoyé. Autrement dit pour jouir du don de la vue mérité par Jésus nous devons aller à la piscine du  divin Envoyé, c'est-à-dire nous plonger dans l’eau baptismale ; nous plonger dans la mort et la résurrection de Christ.

Combien est touchante la docilité de l’aveugle né qui accomplit avec tant de simplicité les ordres du Sauveur. Elle doit être l’image de tous les catéchumènes qui doivent écouter docilement la parole de Dieu et les enseignements de l’Eglise pour qu’eux aussi puissent recouvrer la vue. 

Mais Jésus n’en reste pas à ce simple geste. Le Sauveur interroge l’aveugle né comme l’Eglise interroge le catéchumène sur le bord de la piscine sacré que sont les fonts baptismaux : « Crois-tu au Fils de l’homme ? ». Cet homme reconnaît le signe accompli par Jésus et passe de la lumière des yeux à la lumière de la foi : « Je crois, Seigneur ! » (Jn 9, 38). L’aveugle né, parce qu’il avait un cœur ouvert et confiant, a accompli un chemin de foi : dans un premier moment, il rencontre Jésus comme un « homme » parmi d'autres, puis il le considère comme un « prophète », et enfin, ses yeux s'ouvrent et il le proclame « Seigneur » [cf. Benoît XVI, Angélus 3 avril 2011].

Jésus est vraiment ce pasteur par excellence annoncée par le choix de David qui vient d’auprès des brebis pour devenir le berger d’Israël. Jésus qui vient d’auprès des hommes est l’élu de Dieu qui, comme un berger, nous conduit à la lumière divine.

Chers frères et sœurs, à côté de ce mystère de lumière transparait un autre mystère, celui des ténèbres et de l’aveuglement. Il est terrible. Ces pharisiens pensent être éclairés. Aveuglés par leur raisonnement et leur orgueil, leurs yeux n’arrivent pas à voir la lumière divine qui transparait dans ce miracle retentissant. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir le doigt de Dieu.

Aujourd’hui aveuglée par la philosophie des Lumières qui est une philosophie des ténèbres, aveuglée par le rationalisme et le matérialisme, notre société n’arrive plus à voir l’action de Dieu et la lumière divine. Nous-mêmes, supplions Jésus de nous tenir loin des ténèbres.

En ce carême laissons-nous guérir par Jésus, qui peut et veut nous redonner la lumière de Dieu ! « Confessons nos cécités, nos myopies, et surtout, ce que la Bible appelle le "grand péché" (cf. Ps 18, 14) : l'orgueil » [cf. Benoît XVI, Angelus 2 mars 2008]. Dans ce monde de ténèbres, écoutons saint Paul nous dire : « dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière. […] Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres […], démasquez-les plutôt » (Eph. 5,8 sq).

C’est ce qu’a fait l’aveugle né le reste de sa vie. En effet, la Tradition historiquement attestée des Saints de Provence nous dit que l’Aveugle né, appelé Sidoine avait rejoint Lazare, Marthe, Marie Magdeleine en Provence. En souvenir du miracle dont il avait été le bénéficiaire, il avait changé son nom en celui de Restitut. Il devint évêque des Tricastins. C’est pourquoi, un village de cette région porte son nom ! Là ne s’arrête pas son histoire ! En décembre 2013, le curé (le Père Florian Racine) de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume a trouvé dans le double fond d’un placard de sacristie les reliques de Saint Sidoine, l’aveugle-né guéri par Jésus. Un jour un médecin légiste observant par hasard ce crâne et ne sachant pas son histoire s’aperçoit aux vues des caractéristiques particulières que c’est le crâne d’un aveugle né ! 

Avec la liturgie de ce dimanche, appelé Laetare, réjouissons car Jésus, la lumière du monde, a mêlé sa divinité à la poussière de notre humanité pour nous faire retrouver la vue. Il a préparé le collyre par lequel nos yeux sont guéris de leur infirmité et rendus capable de contempler la gloire divine. Prions pour les catéchumènes. Prions aussi pour que nous nous éloignions des sources de l’aveuglement et retrouvions un cœur d’enfant qui nous fasse retrouver la vue des choses de Dieu.

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