La liberté des enfants de Dieu

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Homélie pour la fête du Baptême du Seigneur

Dimanche 10 janvier 2021

Tu es mon Fils bien-aimé !

La fête du Baptême du Seigneur clôt le temps de Noël – le temps où nous célébrons l’Incarnation du Verbe, Jésus, le Fils de Dieu qui se fait Fils de l’homme. Cette filiation divine, encore discrète à Noël, est proclamée par la voix même de Dieu le Père lors du baptême de Jésus. Au moment où Jésus va commencer sa vie publique, Dieu le Père proclame : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Jésus n’avait pas besoin d’être baptisé, lui qui est le Fils de Dieu par nature, qui est Dieu lui-même. Mais par ce mystère, il nous montre ce qui advient lors de notre propre baptême. En vérité, lors de ce sacrement qui est notre naissance à la vie divine, les cieux se déchirent. Ce qui signifie qu’avant que nous soyons baptisés, le ciel nous est fermé. Depuis le péché originel, l’homme a perdu l’accès à Dieu. Or, par le baptême, et parce que le Fils unique est venu sur notre terre, ces cieux, qui étaient fermés, sont déchirés, et l’accès à Dieu est à nouveau possible.

Voilà pourquoi saint Jean nous dit aujourd’hui : « La victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » Aux yeux de ceux qui n’ont pas la foi, cette victoire, dont parle saint Jean, semble dérisoire. Pourtant elle est une libération supérieure : oui, nous sommes vainqueurs du monde parce que nous croyons que Jésus est le Fils de Dieu. En effet, quelle plus grande victoire peut-il y avoir que de voir s’ouvrir, par Jésus, le chemin vers Dieu – ce chemin que le monde cherche pourtant à nous fermer ?  Voilà la victoire sur le monde : le monde cherche à nous fermer l’accès à Dieu ; mais notre foi nous permet de vaincre tous les obstacles. Le baptisé qui a la foi et qui vit de la foi est donc réellement victorieux et libre, car il n’a plus de comptes à rendre à ce monde. Il est libre. Libre des pressions, libre du péché. Libre de l’esclavage de la mode. Libre des peurs, par lesquelles le monde cherche à nous terroriser, et à nous éloigner des sacrements et de la vie chrétienne.

Le baptisé qui vit de la foi est libre parce qu’en Jésus, il est lui-même devenu fils de Dieu. Il est membre d’une grande famille, celle des enfants de Dieu – selon la parole de Jésus : « Qui sont ma mère et mes frères ? (…) Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère » (Mc 3, 33-35). On entend dire parfois aujourd’hui que tous les hommes sont enfants de Dieu. Eh bien, ce n’est pas vrai ! Oui, tous les hommes sont créés par Dieu. Oui, tous les hommes sont aimés de Dieu. Oui, tous les hommes sont appelés à devenir enfants de Dieu. Mais on le devient effectivement par le baptême. Le Catéchisme de l’Église Catholique le dit très clairement en parlant du baptême des petits enfants : « L'Église et les parents priveraient dès lors l'enfant de la grâce inestimable de devenir enfant de Dieu s'ils ne lui conféraient le Baptême peu après la naissance. » [Catéchisme de l’Église Catholique, n° 1250 ; cf. aussi n° 1243 et 1244] Par le baptême, en effet, nous sommes purifiés du péché originel, et nous recevons la grâce sanctifiante, c'est-à-dire la vie de Dieu dans notre âme. Par le baptême, nous devenons enfants de Dieu. C’est la raison pour laquelle une fraternité unit tous les chrétiens, qui est d’un tout autre ordre que la fraternité qui nous unit avec les autres hommes. Car le baptême nous a faits enfants d’un même Père, et nous fait frères de Jésus, le Fils unique du Père.

C’est pourquoi Benoît XVI soulignait que, au sens strict, la notion de fraternité « ne s’étend pas sans aucune limite à tous les hommes. Tout homme peut devenir chrétien, mais celui-là seul qui le devient effectivement est frère. » [Joseph RATZINGER, Frères dans le Christ ; l’esprit de la fraternité chrétienne, Paris, Les éditions du Cerf, 1962, pages 48-49] Et il ajoutait : « Le sentiment chrétien de fraternité est établi, en définitive et au fond, sur la foi, qui nous donne la certitude de notre filiation réelle à l'égard du Père céleste et de notre fraternité réciproque. » [idem, pages 65-66]

Le Catéchisme lui aussi distingue ces deux formes très différentes de fraternité : il existe bien une certaine fraternité entre les hommes, du fait de notre commune condition humaine. Mais la grâce du baptême, en nous faisant devenir enfants de Dieu, nous fait aussi devenir beaucoup plus réellement frères entre nous. Cette vie nouvelle de Jésus ressuscité – que nous recevons au baptême – « accomplit l'adoption filiale car les hommes deviennent frères du Christ (…). Frères non par nature, mais par don de la grâce, parce que cette filiation adoptive procure une participation réelle à la vie du Fils unique, qui s’est pleinement révélée dans sa Résurrection. » [Catéchisme de l’Église Catholique, n° 654]

Le baptême nous fait donc devenir enfants de Dieu, et par là, frères entre nous. Et cette double force nous permet d’être libres dans ce monde ! Prions pour qu’en cette année nous défendions notre liberté ! Notre liberté de vivre en enfants de Dieu. Notre liberté de rencontrer Dieu dans les sacrements et la liturgie – spécialement dans la Messe dominicale ou quotidienne. Notre liberté de prier avec nos frères dans la foi.

Que la Vierge Marie protège en nous cette vie de la grâce reçue à notre baptême, elle qui est alors devenue notre Mère. Demandons-lui de garder et de faire grandir la foi et la liberté des frères de son divin Fils.

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