Au contact de Jésus, tous les critères humains sont bouleversés

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Homélie pour le IIIe Dimanche du Temps Ordinaire

Dimanche 24 janvier 2021

Dieu, dans sa Providence, nous appelle...

C’est d’une façon particulièrement abrégée que nous a été rapporté l’appel à la conversion de Jonas dans la ville de Ninive. L’histoire est assez atypique pour qu’elle se grave dans notre mémoire, et nous nous rappelons tous comment Jonas, loin d’être satisfait d’être appelé par le Seigneur, s’enfuit loin de Ninive et se retrouve englouti dans le monstre marin qui le rejette au bout de trois jours. Il ne lui en fallait pas moins pour accomplir la volonté de Dieu et se rendre à Ninive comme nous venons de l’entendre.

En ce dimanche, avec certains, nous méditions sur Dieu Providence, et cette lecture est finalement riche d’enseignement sur la question. Dieu Tout Puissant, dans sa providence, veut aussi passer par des instruments humains qui doivent répondre librement à son appel, non qu’il en ait besoin en soit, mais telle est sa manière de faire dans sa sagesse infini. Nous pouvons, et nous devons tous être des instruments de la Providence de Dieu, à nous d’être disponible et généreux pour être ouvert à ses inspirations.

Revenons à l’histoire de notre Jonas. Jonas se rend donc à l’évidence et parcourt rapidement la ville. Puis il attend résolument que Dieu détruise Ninive. Or Dieu ne le fait pas, car les habitants ont répondu à l’appel à la conversion. Et chose tout à fait improbable, Jonas se met en colère contre Dieu ! Ici nous voyons que la sagesse de Dieu est bien au dessus de la sagesse des hommes. Certes, Dieu est juste, infiniment juste, et le péché appelle je jugement et le châtiment, mais Dieu peut et veut susciter chez l’homme le repentir et alors la miséricorde infinie revient, si l’on peut parler ainsi, sur la décision divine pour faire justement miséricorde. Car Dieu est amour. Et ce qui manque en définitive au prophète Jonas, c’est cet amour des pécheurs. Jésus, en s’incarnant, nous montrera cette harmonie entre la haine du péché et l’amour du pécheur, car, au final, on ne peut pas aimer véritablement le pécheur si on accepte son péché, comme on ne peut pas être dans l’amour en ayant de la haine contre le pécheur. Ainsi, à l’inverse de Jonas, Dieu va se révéler comme Amour et miséricorde. Sa providence fera tout pour aller chercher le pécheur. Jésus emploiera l’image du bon Pasteur qui va chercher la brebis égarée, mais il demeure que celle-ci doit acceptée d’être portée par le Berger.

Dans l’Évangile nous voyons que Jésus s’y prend de la même manière. Rien d’étonnant pourrions nous dire, il est Dieu lui-même. Cependant les réponses des hommes sont ici bien différentes. Dans l’Évangile nous voyons d’abord que le thème n’a pas changé : Jésus nous appelle à la conversion. Dieu ne se lasse pas. Quelle patience ! Quel amour ! Et cette patience et cet amour il l’exerce encore à notre égard. Cet appel à la conversion nous concerne tous et chacun !

Et pour cette tache, comme jadis, Jésus en appelle certains pour qu’ils deviennent des instruments particuliers de cette providence divine. Là les premiers apôtres répondent avec une spontanéité et une générosité confiante. Comme nous l’avons entendu dimanche dernier, nous savons que les apôtres avaient eu contact avec Jésus. Du moins c’est le cas de Saint André qui se vit accueillir par le Seigneur : « Venez et voyez ». Il a certainement été profondément marqué par cette journée, et c’est pourquoi, c’est sans attendre qu’il prévient son frère : « nous avons trouvé le Messie ». Cependant, les apôtres devront eux aussi apprendre la manière de faire du Seigneur. Il leur faudra du temps pour comprendre que c’est par la croix que Jésus accomplira la Rédemption. Que ce n’est pas la gloire terrestre qu’ils doivent rechercher mais plutôt le Royaume des cieux. Ainsi, à l’école de Jésus, ils apprendront à aimer comme lui Jésus a aimé.

Au contact de Jésus, tous les critères humains sont bouleversés. La vie sur la terre n’est plus la norme absolue, mais c’est bien l’accès au Royaume des cieux qui devient le critère dominant. On apprend à ne plus craindre tant ce qui tue le corps que ce qui tue l’âme. Or, combien de nos contemporains ne savent plus où se trouvent les vrais biens. La crise du covid nous montre que nous n’attendons plus rien de Dieu, la foi est considérée comme secondaire. Cela s’est particulièrement manifesté lorsqu’il a fallut se battre pour vous permettre d’avoir accès de nouveau à la messe. Notre monde a progressivement éteint la vraie et solide espérance, et ainsi, l’essentiel, pour bien des hommes de notre temps, ne concerne que des réalités terrestres qui, en vérité, ne sont pas essentielles… Mais Dieu, une nouvelle fois, n’abandonne pas l’humanité, et sa Providence agit encore dans notre histoire. Mais il nous appelle encore à la conversion !

Oui, Dieu ne change pas, et il agit aujourd’hui envers nous de la même manière qu’autrefois. Aujourd’hui encore il nous appelle tous, quel que soit notre état de vie, à être ses témoins, ses témoins de la Vérité et de son Amour.  En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, tous les chrétiens devraient rechercher énergiquement l’unité des esprits dans la vérité et l’union des cœurs dans la charité. Tant que nous n’aurons pas ce désir de faire l’unité dans la vérité, le scandale de cette division freinera la crédibilité de l’annonce de l’Évangile, et ce scandale est grave ! Nous sommes alors responsables des âmes qui ne s’ouvriront pas au Christ par cette faute. Cette unité passe par la conversion !

Oui, Dieu ne change pas, et il agit aujourd’hui envers nous de la même manière. Aujourd’hui encore il appelle, d’une manière particulière des jeunes pour annoncer cet Évangile. En effet, comme le dit Saint Paul aux Romains : « En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame. » Comme aux apôtres de l’Évangile, Jésus pose encore son regard sur certains et il leur dit « suis-moi ! » Et si parmi vous certains entendent cet appel, ne répondez pas à la manière de Jonas, mais bien comme les apôtres qui ayant demeuré avec Jésus savaient que là était le vrai bien. « Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis » Quelle grâce immérité.

Que Notre Dame des Neiges nous permette de remettre en nos vies cette priorité de Dieu, et alors sa sollicitude Providentielle nous sera perceptible. Demandons-lui la grâce d’être véritablement ce que Jésus attend de nous. Ni plus, ni moins, ni autrement.

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