Comment abordons-nous le Carême ?

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Homélie pour le Mercredi des Cendres

Mercredi 26 février 2020

Deux manières pour aborder le Carême

Il y a deux manières d’envisager une longue marche ou une ascension en montagne.

La première manière consiste à être fatigué avant que l’effort ne commence, en se disant que ce sera long, difficile, pénible… La seconde consiste à l’envisager avec un cœur jeune, en se disant que nous allons découvrir des paysages magnifiques, faire des rencontres, dépasser des obstacles, repousser nos limites, atteindre un but… Pourquoi s’interroger ainsi aujourd’hui ? Parce qu’il y a également deux manières pour un chrétien d’envisager le carême : et ce sont les mêmes ! Malheureusement, des chrétiens – et ce danger peut nous guetter – sont fatigués rien que de voir le carême commencer… Alors comment abordons-nous ce temps du carême ?

Le carême est une marche dans le désert. Il est une ascension. Il est un « entraînement au combat spirituel », comme le dit l’oraison de ce jour. Abordons-le dans la joie de cette route que nous allons parcourir, et qui, malgré les difficultés, nous approchera de Jésus.

Le Carême, temps de "pénitence"

Nous sommes effrayés par le temps du carême parce qu’il est un temps de « pénitence », c'est-à-dire d’efforts et de sacrifices. Nous devons reconnaître que dans un premier temps cette pénitence nous coûte – et c’est d’ailleurs précisément pour cela qu’elle a du prix. Mais quel sens ont ces efforts et ces sacrifices ? Ils en ont principalement deux.

D’abord ils habituent nos yeux aux réalités invisibles. Nos renoncements nous forcent à détourner les yeux de ce qui est immédiatement perceptible par nos sens et nos désirs : les bonnes choses, le pouvoir, les mauvaises habitudes, les occupations futiles… Et cela dans le but de nous tourner davantage vers ce qui se voit moins immédiatement : la primauté de Dieu, le service et la joie des autres, la bonté, la gratuité – autant de biens spirituels que les bien matériels nous cachent souvent. Il s’agit donc d’un temps où les choses retrouvent leur juste place, où l’on fait passer à nouveau en priorité les biens les plus importants.

Le second sens qu’ont ces efforts est de nous rendre plus libres. En jeûnant, nous nous libérons de nos appétits excessifs et de nos caprices. En faisant l’aumône, nous nous libérons de notre égoïsme et de notre soif de posséder. En priant, nous nous libérons des limites et de la pression de ce monde et de son rythme, seulement tourné vers l’efficacité visible. Par ces trois œuvres, nous repoussons les barreaux de ce que Benoît XVI appelait « la prison du moi ». Car nous apprenons – ce qui n’est spontané pour personne – à penser à Dieu et aux autres avant de céder à toutes nos envies du moment.

Un temps de vérité

Enfin, ce temps du carême est un temps de vérité. Car lorsque le superflu est écarté, il ne reste que le nécessaire, qu’alors on voit mieux. Dans le désert, il n’y a qu’une seule chose pour se repérer : le ciel. En effet, il n’y a pas de routes, pas de ponts, pas de panneaux pour se repérer. Le seul repère est le ciel. La seule façon de trouver sa route est de lever les yeux. Là encore, il s’agit donc d’un décentrement, d’un dépouillement qui nous indique les vraies réalités. Et, comme le disait Benoît XVI, « Dans le désert, on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre. » On redécouvre la vérité de Dieu et de notre être, puisqu’il n’y a plus que le ciel et nous ! Voilà le sens de la pénitence : enlever ce qui fait obstacle entre le ciel et nous. La pénitence n’est donc pas un fardeau, elle est une libération !

C’est vrai, ce lieu du désert n’est pas sans danger : on y trouve des bêtes sauvages hostiles, on peut y souffrir de la faim et de la soif, de la solitude… Mais précisément ces épreuves peuvent aussi être un moyen pour nous tourner vers Dieu. Pour nous faire crier vers Dieu. Car la souffrance, comme la pénitence, peut être vécue comme un mûrissement et une purification, et ouvrir davantage notre cœur à Dieu et aux autres.

Une cure pour guérir de l'individualisme et de l'égoïsme

Dans notre société contemporaine, le temps du carême est comme une cure pour guérir de l’individualisme et de l’égoïsme. Une cure, c’est fatigant, mais c’est pour un mieux de notre corps, qui en sort plus sain. Le carême, c’est un effort, qui est pour un mieux de notre âme qui en sort plus sainte. C’est ce que rappelle la fin de l’oraison de ce mercredi des Cendres : « Que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l'esprit du mal. » Nous allons recevoir les Cendres, qui sont le signe de notre volonté d’entrer dans ce temps avec humilité, conscients que, sans Dieu, dans la seule perspective de ce monde matériel, nous ne sommes rien. « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » Mais entendons l’invitation qui nous est faite : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Alors nos âmes seront légères et notre marche de ces quarante jours nous approchera de Jésus. Que la Vierge Marie nous accompagne, et qu’elle nous aide à ouvrir nos cœurs pour vivre ce Carême « dans la joie d’un cœur purifié ».

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