Une obligation pour l'homme en tant qu'homme

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Homélie pour le 3ème Dimanche de Carême - année B

Dimanche 3 mars 2024

Pour vivre en conformité avec ce que nous sommes

Les lectures de ce jour sont énergiques et claires. Nous avons une parole prononcée sans aucune ambiguïté et qui va totalement à l’encontre de la pensée du monde. Si elles étaient prononcées sur la place publique, elles scandaliseraient bien des oreilles ! En effet, si nous réfléchissons selon la pensée dominante, nous ne pouvons d’abord qu’être agacé par cette litanie de commandements qui semble nous oppresser et restreindre notre liberté !

De même, comment pouvons-nous mettre notre foi en un homme qui a subi la condamnation de la mort sur la croix ? scandale pour les Juifs et une folie pour les païens comme nous l’a rappelé St Paul ! On ne met pas sa foi en une personne qui a été vaincue. Enfin, l’attitude de Jésus devant les vendeurs du temple ne serait-elle pas une intolérance inacceptable pour la société moderne dans laquelle nous vivons ! Saint John-Henry Newman nous dit même que si ce passage ne nous était pas rapporté par un auteur inspiré nous ne l’aurions pas cru. Que faut-il donc retenir des lectures de ce 3e dimanche de carême ?

Revenons au livre de l’Exode qui nous a permis de ré-entendre ce que nous appelons les 10 commandements, et posons-nous la question suivante : Finalement Pourquoi nous sentirions-nous oppressés par ces commandements ?

À y regarder de plus près, ne sont-ils pas tout simplement un rappel indispensable du strict minimum pour vivre en conformité avec ce que nous sommes, avec notre nature, pour vivre tout simplement notre dignité d’homme et de femme, pour marcher sur le chemin de la perfection ?

Combien il est facile de faire taire la voix de notre conscience. Nous le voyons aujourd’hui en France. Pourquoi nos personnalités politiques ne sont plus capables de reconnaître que l’avortement ne peut pas être un droit, car il s’oppose gravement aux commandements de Dieu qui ordonne de ne pas tuer un être humain innocent ! L’embryon est un être humain innocent ! C’est pourquoi le Concile Vatican II n’a pas eu peur de parler de l’avortement comme d’un « crime abominable ».

Dans Evangelium vitae Jean-Paul II nous alertait en écrivant : « Revendiquer le droit à l’avortement, à l’infanticide, à l’euthanasie, et le reconnaître légalement, cela revient à attribuer à la liberté humaine un sens pervers et injuste, celui d’un pouvoir absolu sur les autres et contre les autres. Mais c’est la mort de la vraie liberté. » C’est pourquoi, dans la confusion actuelle, notre Dieu vient miséricordieusement nous rappeler le chemin vers le ciel par les commandements !

Car, non seulement les commandements ne nous oppriment pas, mais ils amorcent, au contraire, un chemin de liberté qui s’épanouira toujours davantage ; notamment par une vie selon les béatitudes, le vrai chemin de la liberté, le vrai chemin du ciel. C’est pourquoi Benoît XVI écrivait : « Le Décalogue est à la fois auto-présentation de Dieu et explication de l’être humain, manifestation de sa vérité [celle de l’homme] rendue visible dans le miroir de la divinité, parce que l’homme ne peut être pleinement compris qu’à partir de Dieu ».

Ainsi, n’ayons pas peur de vivre selon les commandements de Dieu, n’ayons pas peur de nous convertir, et d’avoir le courage de changer telle ou telle façon de faire, de vivre, qui ne correspond pas à la vérité de notre être, qui ne correspond pas à ce que Dieu attend de nous ! Saint Augustin se servait de l’exemple du médecin pour aider à faire comprendre à la fois la bonté des commandements et la responsabilité que nous avons de les suivre. Il disait : « Le médecin s’approche du malade, pour lui rendre, autant que possible, la santé. Mais le malade se donne à lui-même la mort, s’il refuse d’observer les prescriptions du médecin. Le Sauveur est venu en ce monde […] Tu refuses le salut qu’il t’apporte ? Tu seras jugé d’après ta conduite »

Benoît XVI commentait ainsi ce passage : « Donc, si l’amour miséricordieux de Dieu, qui est allé jusqu’à donner son Fils unique en rançon pour notre vie, est infini, notre responsabilité elle aussi est grande : chacun, en effet, doit reconnaître qu’il est malade, pour pouvoir être guéri ; chacun doit confesser son péché, afin que le pardon de Dieu, déjà donné sur la Croix, puisse avoir un effet dans son cœur et dans sa vie. […] Parfois, l’homme aime davantage les ténèbres que la lumière, parce qu’il est lié à ses péchés. Mais ce n’est qu’en s’ouvrant à la lumière, et en confessant sincèrement ses fautes à Dieu, que l’on trouve la vraie paix et la vraie joie. Il est alors important de s’approcher avec régularité du sacrement de la pénitence, en particulier durant le carême, pour recevoir le pardon du Seigneur et accentuer notre chemin de conversion. » Oui, n’ayons pas peur de recourir à ce sacrement en ce temps de carême. Jésus nous attend pour nous pardonner et nous relever.

Cependant, il peut arriver aussi que nous ne soyons plus touchés par cette bonté de Dieu. Le Seigneur ne nous abandonne pas pour autant ! Il va essayer alors de nous toucher par des paroles et des actions énergiques et fortes. C’est ainsi que nous voyons Notre Seigneur agir dans le Temple. Saint John-Henry Newman faisait encore remarquer : « Cette énergie, cette détermination, cette rigueur que Moïse avait inculquée à son peuple se manifeste dans le Christ lui-même et sont, par conséquent, indubitablement une obligation de l’homme en tant qu’homme. » Autrement dit, Notre Seigneur attend de nous aussi une parole forte quand sa loi est méprisée. Aujourd’hui, n’aurions-nous pas besoin de voir Jésus chasser les vendeurs du temple à chaque fois que nos liturgies se décentrent de Dieu ? À chaque fois qu’on veut lui imposer de rester dans la sphère privée ? Le carême doit un être un temps de vérité, et la vérité nous rendra libres, la vérité nous apportera le salut. Car au fond c’est bien de salut éternel dont il est question ici.

Que Notre-Dame des Neiges que nous sommes venus prier en de pèlerinage de carême nous obtienne la grâce d’une vraie conversion. Maternellement elle veut nous guider vers la sainteté, elle veut nous aider à vivre selon les commandements de son Fils et à trouver ainsi la paix et la vraie joie du cœur.

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