Malheur à moi si je n'annonçais pas l'évangile !

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Homélie pour le 5ème Dimanche du Temps ordinaire B

Dimanche 4 février 2024

Un Chrétien ne peut pas cacher le trésor qu’il a reçu !

« Frères, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! »

Ces paroles de saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens sont très fortes. Saint Paul a compris qu’un Chrétien ne peut pas cacher le trésor qu’il a reçu, mais qu’il doit le transmettre. Ce trésor, c’est le trésor de la foi, le bien le plus précieux par lequel nous entrons en communion avec Dieu.

L’évangélisation n’est pas une option pour un Chrétien. Par notre baptême, nous sommes envoyés en mission proclamer l’Évangile. Saint Paul manifeste ce qui doit animer le cœur du missionnaire : «  Certes si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Mais je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée. Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile. » Dans l’évangélisation, nous sommes toujours envoyés. Nous ne nous donnons pas notre mission. Nous ne devons pas rechercher dans l’Évangélisation notre gloire personnelle, mais être les petits instruments par lesquels Dieu pourra agir dans les cœurs. Ce détachement de soi n’est pas facile, mais il est absolument nécessaire pour la fécondité de l’évangélisation. Il est nécessaire pour que nous ne transformions pas l’Évangile pour nous adapter au monde actuel, à nos façons de penser. Ce n’est pas à l’Évangile de se conformer aux modes, aux idéologies de notre temps, mais c’est en proclamant l’Évangile que nous avons reçu, dans son intégralité, que Dieu pourra agir par sa grâce pour transformer les cœurs.

Jésus est lui-même le premier évangélisateur et le modèle de toute évangélisation. Il y a deux semaines, l’évangéliste saint Marc rappelait le cœur de l’Évangile annoncé par Jésus : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! ». Nous ne pouvons pas changer l’Évangile en lui demandant de se convertir à la mentalité du monde. Il en va du salut de beaucoup.

Saint Paul dans la deuxième lecture nous disait : « Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques uns. » Ces paroles se réalisent parfaitement en Jésus. Dans l’Évangile de ce dimanche, nous le voyons tout donné, tout à tous. Pendant la journée il va guérir la belle-mère de Pierre d’une maladie très grave. Le soir venu après le coucher du soleil, il guérit de nombreux malades et expulse des démons. Jésus soigne les malades du corps, il a compassion des malades. Il voit la détresse du cœur de l’homme, exprimée par Job dans la première lecture : « Vraiment la vie de l’homme sur la terre est une corvée, je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrance. » Il est venu pour nous soulager de nos souffrances. Mais il est surtout venu soigner les maladies de l’âme. Jésus ne cherche pas le succès humain, à être adulé par ceux qu’il vient de guérir ou de délivrer du démon. Il sait que l’évangélisation ne porte du fruit que dans l’union à Dieu, et la prière.

Mère Marie-Augusta avait eu cette intuition fondamentale dans sa prière : « L’Amour c’est être tout à tous et c’est se garder intégralement à son Dieu. » Nous ne pouvons pas être tout à tous, si nous ne sommes pas tout à Dieu. Jésus est notre modèle : « Le lendemain, Jésus se leva bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. » C’est dans l’union à son Père que se réalise la fécondité de sa mission, lui le Fils de Dieu. C’est dans la prière que Jésus trouve la force d’aller évangéliser : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Jésus ne parle pas seulement de la sortie de la ville, mais il est sorti du sein de Dieu par le mystère de l’Incarnation pour porter l’Évangile. Si Jésus a prié avant d’aller proclamer l’Évangile, combien plus devons-nous aussi prier avant toute évangélisation. La prière est l’âme de l’évangélisation. Mère Marie-Augusta disait : « Ce qui fait un véritable Apôtre de l’Amour, c’est son activité intérieure intense, beaucoup plus que son activité extérieure, mais cependant il faut les deux. […] » Il faut nous rappeler que nous ne pouvons pas donner ce que nous ne possédons pas. Dans la prière, nous devons être comme des « mendiants de Dieu », selon l’expression de saint Augustin. Il nous faut retrouver le chemin de la prière car dans la prière nous retrouvons l’essentiel, nous retrouvons Dieu pour le transmettre.

Benoît XVI dans son encyclique Deus Caritas est disait sensiblement la même chose en nous invitant à aller sans cesse puiser à la source de l’amour en Dieu, notre capacité d’aimer : « Celui qui prie ne perd pas son temps même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l'action. »

La nouvelle évangélisation est une œuvre urgente en notre monde sans Dieu, mais aussi en ce temps de grande confusion dans l’Église. A la suite de Jésus, soyons zélés pour annoncer le Royaume des Cieux, en revenant sans cesse puiser les grâces dans le Cœur de Jésus et dans le Cœur Immaculé de Marie.

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