In Altum

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George Desvallières (1861-1950) - (1/2)

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 113)

Peintre et apôtre 

« Je me souviens très bien de ma première communion. J’étais agenouillé sur un prie-Dieu de velours rouge, la tête entre les mains et je me disais : « Je n’y comprends rien, je n’y comprends rien.» Je n’avais jamais connu qu’une vie parfaitement confortable. J’étais incapable de comprendre le sacrifice. »

George Desvallières était en effet un enfant choyé, vivant dans une famille de grande bourgeoisie, tantôt à Paris tantôt à Seine-Port. Sa mère était profondément pieuse, son père moins… mais il régnait dans leur foyer, où grandissaient deux garçons, une belle atmosphère familiale. Au collège, il ne fut pas bon élève. Son grand-père maternel, membre de l’Académie française, décida donc de l’en retirer pour prendre lui-même soin de son éducation.

George n’eut donc jamais son bac, mais fut parfaitement instruit. Surtout, son grand-père sut discerner en lui l’étoffe d’un artiste : il lui aménagea un atelier dans les combles de la maison familiale, étudia avec lui l’histoire de l’art et le présenta à des peintres de renom. C’est ainsi que George devint le disciple de Delaunay puis de Gustave Moreau.

La vie lui souriait : il fréquentait les académies de peinture et les bals, voyageait, pratiquait l’escrime… C’était un jeune homme brillant, qui avait du succès. Il se maria en 1890 avec Marguerite, qu’il aima profondément et de qui il eut six enfants. Sa peinture, reflet de son âme, était cependant tourmentée. À quinze ans, il avait abandonné la foi de son enfance, laquelle lui avait d’ailleurs toujours semblé obscure, mais il avait soif d’idéal, soif de sens. Dans le silence, sa mère priait et suppliait... Et son fils cherchait et recherchait.

Il avait quarante-quatre ans lorsque, à Notre-Dame des Victoires où il se trouvait pour faire des croquis, une première grande grâce lui fut donnée : celle de la conversion. Il lui sembla entendre une voix impérieuse lui dire : «  En voilà assez. Tu vas réciter le Credo, là, le front sur la pierre. » Il s’exécuta … et se retrouva peu après dans le confessionnal d’un prêtre qu’il jugea fort peu élégant mais qui lui fit un bien immense !

À partir de ce moment-là, George fit entrer Dieu et la religion dans sa vie familiale mais aussi professionnelle. Il peignit sa première grande œuvre chrétienne, Le Sacré-Cœur, où l’on voit Jésus se déchirer la poitrine pour mieux en extraire son Cœur, et qui suscita l’enthousiasme de son ami Léon Bloy. D’autres toiles, devenues célèbres suivirent : L’Annonciation, Le Christ à la colonne… En 1913, il entrait dans le tiers-ordre dominicain.

En 1914, la guerre éclate. Officier de réserve, il est nommé commandant et part au front. Il se révèle un chef exemplaire : courageux, affable, bon, sachant réconforter ses hommes dans l’horreur des tranchées. De nombreuses décorations viennent naturellement lui rendre hommage. Au contact de la souffrance humaine, il « se sent  honteux d’avoir été peintre », du moins de la façon dont il l’a été depuis trente ans. Il fait alors le vœu, s’il revient de la guerre, de se consacrer uniquement à la peinture religieuse.

Pour lire la 2ème partie, cliquez ici

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