In Altum

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George Desvallières (1861-1950) - 2/2 -

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 114)
Pour lire la 1ère partie, cliquez ici

Peintre et apôtre 

Lorsque George Desvallières revient de la guerre, âgé de cinquante-sept ans, il n’est plus le même homme. Il a découvert dans sa propre chair, par sa première grande rencontre avec la souffrance, ce qu’il cherchait depuis longtemps : le sens profond de la vie et de la mort : « Si la guerre est abominable parce que l’on s’y tue les uns les autres, elle est admirable cependant puisque l’on y meurt les uns pour les autres, [selon] cette loi du Sacrifice dont le Christ nous a donné l’exemple au Golgotha. » Le premier tableau, In memoriam, qu’il effectue à son retour, représente un Christ douloureux et rayonnant, soutenant le corps sans vie d’un soldat, dont les traits sont ceux de son fils Daniel, mort au combat à l’âge de dix-huit ans, sans qu’on ait jamais pu retrouver son corps…

George avait fait le vœu, pendant la guerre, de ne plus peindre que du religieux. Il tint parole. Pendant encore trente ans, sa robuste constitution lui permit d’exercer son talent. Il peint en homme d’action, à grands traits, largement, sans peaufiner les détails. Ses toiles et ses travaux se succèdent d’ailleurs à une cadence rapide. Il ne met parfois que quelques semaines à effectuer telle décoration d’église, tel chemin de croix …

Il peint également en apôtre, désirant faire passer dans ses œuvres Jésus-Christ, son amour souffrant, l’affirmation tragique de la mort qui mène à la vie. Son souci n’est pas tant de réjouir les yeux que de frapper les cœurs, surtout ceux des incroyants, ceux qui viennent à l’église à l’occasion de mariages ou d’enterrements… Il désire leur révéler le prix du sacrifice, de la souffrance offerte, des voies sublimes de la Rédemption.

Si les critiques n’ont généralement pour ces œuvres que des éloges et s’il cumule les titres et les fonctions dans le domaine de l’art, certains catholiques sont cependant plus réservés, voire choqués par le caractère parfois outrancier de ses œuvres. Il se prêche alors à lui-même : « Il faut bien prendre garde de ne pas scandaliser », et reconnaît que, souvent, sa peinture aurait plutôt sa place « dans une chapelle de côté, où elle attirerait le visiteur et lui prêcherait à sa façon ». Il se veut missionnaire, s’efforçant de mille manières de favoriser l’art religieux.

Il fonde avec Maurice Denis les ateliers d’art sacré. Aux nombreux disciples qui se groupent autour de lui, il n’hésite pas à insuffler son ambition : convertir les âmes ! Son zèle le dévore : « Nous devrions peindre de grandes affiches, des murs d’usine, la Sainte Vierge haute de six mètres, une Sainte Vierge que tout le monde voie ! À force de crier sur les toits, les uns ou les autres finiraient tout de même par entendre ! » À plus de quatre-vingts ans, il est toujours aussi jeune et enthousiaste.

En 1950, il fête avec Marguerite ses Noces de diamant, remerciant Dieu pour toutes les grâces de sa vie familiale : pour sa fille Sabine, devenue clarisse, pour ses nombreux petits-enfants… Le 4 octobre de cette même année, après quelques mois de maladie, il rend son âme à Dieu.

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