In Altum

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La cocotte -minute, une invention "cocorico"

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 124)

Tout commence en 1679, lorsque Denis Papin (photo) invente la machine à vapeur. Celle-ci est certes promise à un riche avenir industriel, mais le génial inventeur lui imagine déjà une autre application, sans toutefois développer ses recherches dans ce sens : la création d’un « digesteur d’aliments », sorte de marmite améliorée permettant la cuisson sous pression, munie d’une soupape de sécurité et d’un couvercle bloqué par une vis pour empêcher la vapeur de sortir. Le principal avantage de la cuisson sous pression (au maximum 1,8 bar) est l’élévation de la température de l’eau jusqu’à 118°C, contre un maximum de 100°C à pression atmosphérique normale. Tout le concept est là. Pourtant, il va falloir attendre plusieurs siècles avant qu’il quitte l’état de projet pour devenir réalité.

 Au XIXe siècle, on trouve déjà plusieurs fabricants d’autocuiseurs, mais la production reste limitée : d’une part, ces produits sont lourds et peu maniables, d’autre part, la cuisine rapide n’est pas la principale préoccupation des ménagères. En 1857, est fondée l’atelier Lescure, qui deviendra en 1944 la Société d’emboutissage de Bourgogne (SEB), spécialisée dans les travaux de ferblanterie. Le fer-blanc est un acier très doux, c’est à dire proche du fer ordinaire, donc relativement peu résistant, facile à travailler. Le procédé de l’emboutissage consiste à déformer des tôles en leur appliquant des pressions successives, jusqu’à obtenir une forme voulue (boîtes, casseroles…). En 1953, les frères Lescure, descendants du fondateur, décident de reprendre le concept de Denis Papin et de l’adapter aux usages ménagers. L’autocuiseur ainsi fabriqué est proposé pour figurer au Salon des Arts Ménagers qui se tient l’année suivante, mais l’ustensile n’est pas retenu.

 Qu’à cela ne tienne, ses concepteurs, eux, sont convaincus du riche potentiel de leur invention. Ils orchestrent donc une exposition parallèle, avec le renfort d’une bonne publicité. Leur ténacité fait mouche : dans la même année, la société SEB écoule 130 000 exemplaires de sa « Cocotte-minute », ainsi qu’elle l’a baptisée. Le succès, immédiatement au rendez-vous, va aller croissant au fil des années. En 1965, SEB lance sur le marché sa première cocotte en acier inoxydable, beaucoup plus résistante que le modèle initial en fer-blanc, ou même que le modèle en aluminium. En 1973, c’est la « Super Cocotte Décor » qui voit le jour, recouverte d’une décoration. Dès lors, les innovations se succèdent pour rendre l’outil plus pratique et en démocratiser l’usage. Cinquante ans après le lancement de ce produit, la société SEB en compte plus de cinquante-cinq millions d’unités vendues dans le monde. D’autres marques se lancent peu à peu dans la concurrence, avec un principe de fabrication qui reste toujours à peu près le même.

 Aujourd’hui, SEB est le numéro un mondial du petit équipement électroménager, notamment grâce aux nombreuses marques rachetées (Tefal, Calor, Rowenta, Moulinex, Krups…) et aussi bien sûr à la Cocotte !

 

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