In Altum

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Montsé Grates (1941-1958) « Je te servirai, Seigneur. » (2/2)

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 60)

Pour la 1ère partie, cliquez ici Rosa, vous êtes devenue la meilleure amie de Montsé, qui a beaucoup souffert d’un cancer à la jambe. Le fait que vous-même souffriez depuis l’âge de 8 ans d’une polio aux 2 jambes  vous a-t-il rapprochées ? Sans aucun doute. Bien avant sa maladie, je lui ai dit : ‘Toi, maintenant, tu es en forme ; mais un jour, comme moi, tu pourrais avoir un accident. Et alors, si tu n’es pas unie à Dieu, tout s’effondrera pour toi.’ ‘Tu as tout à fait raison. Moi aussi je veux être toute proche de Dieu ; et si un jour il m’arrivait la même chose qu’à toi, j’aimerais avoir le même enthousiasme que maintenant.’ » Eh bien c’est exactement ce qu’elle a fait ! Au plus fort de ses souffrances, elle a toujours eu sur les lèvres une chanson, une prière ou… une blague ! et puis ce sourire et ce regard plein de lumière ! Au point que même les infirmières n’arrivaient pas à savoir si elle avait mal ! Comment expliquez-vous cet héroïsme ? « Au fur et à mesure que la maladie s’aggravait, je l’ai vue qui changeait peu à peu, non par un coup de baguette magique, mais comme le résultat d’une lutte quotidienne, tenace, décidée ; une lutte avec ses hauts et ses bas. ‘Aujourd’hui je vaincrai avec la grâce de Dieu, disait-elle. Demain je la demanderai encore.’ » Son frère aîné est entré au séminaire à 17 ans, vous-même étiez déjà consacrée dans l’Opus Dei : la demande de Montsé à l’être aussi dès ses 16 ans s’est faite naturellement, non ? Jugez-en : la première fois que je lui ai suggéré d’y penser, elle a été tellement troublée qu’elle a cessé de venir à Llar pendant un temps. Lorsque je l’ai invitée à une retraite, elle m’a répondu : « j’irai quand je voudrai, non quand tu me le diras. » Elle est venue plus tard. Montsé ne se laissait pas influencer. Elle tenait à sa liberté. Pour la 2ème retraite, elle s’est décidée uniquement parce que j’avais besoin d’une aide. « C’était tout elle : t’aider tant qu’elle pouvait. En plus, elle le faisait avec élégance, sans se faire remarquer. Elle savait agir, puis disparaître, sans cesser pour autant d’être attentive : soudain, quand tu te retournais, tu la trouvais derrière toi, pour le cas où… » Lia, en tant que directrice de Llar, vous avez accompagné spirituellement Montsé. Partagez-nous quelques souvenirs. Au début d’une retraite, elle a entraîné une amie à essayer tous les lits de la maison. Quand elle a trouvé le plus douillet, elle s’est jetée dessus et… crac ! Cela laisse songeur quand on sait que lorsque la maladie la clouera au lit, il faudra insister pour qu’elle en accepte un plus confortable… Nous l’avions choisie pour l’équipe de fondation d’un centre pour femmes à Paris. Elle en exultait. Peu après elle sut que sa fin était proche ; elle vint alors parler avec moi. ‘Montsé, qu’as-tu pensé quand ton père t’a appris la nouvelle ?’ ‘J’ai pris mon crucifix, je l’ai embrassé en disant : ‘Je te servirai, Seigneur, je Te serai fidèle.’ Elle écrivit à notre fondateur : « je suis chaque jour plus heureuse. Je ne veux rien refuser au Seigneur, tout lui offrir pour l’Opus Dei. » Manuel et Manolita, vous avez été les témoins privilégiés des derniers mois de votre fille. Qu’est-ce qui vous a frappés dans la manière dont elle les a vécus ? Manuel : son souci constant de ne pas causer de tracas, de dépense ou de tristesse. Un jour, je la tenais dans mes bras pendant qu’on changeait ses draps – c’était nécessaire chaque jour à cause de sa plaie purulente – elle a esquissé des pas de danse avec moi, pour me décontracter ! Manolita : sa chambre était souvent pleine d’amies. Avec elles elle parlait, chantait, riait. Mais après leur départ, elle s’évanouissait presque tant elle n’en pouvait plus. Elle n’a jamais voulu que je les empêche de venir. Elle a été apôtre jusqu’au bout. Sa force, je ne me l’explique que par son union à Jésus, aimé sans cesse et reçu chaque jour dans la communion. Lia, vous étiez aussi auprès d’elle au moment suprême… C’était le Jeudi Saint. Depuis des semaines, tournée vers la statue de N.D. de Montserrat, elle disait : ‘Petite Vierge, comme je T’aime ! Quand viendras-tu me chercher ?’ Avec la main elle lui envoyait des baisers et répétait cent fois : ‘Jésus ! Jésus !’ Son désir du Ciel était devenu intense. Elle a rendu son dernier soupir doucement, pendant le chapelet. Montserrat, comme tu as bien porté ton nom !

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