In Altum

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Léon Bloy (1846-1917) - 2/2

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 75)

Pour la 1ère partie cliquez ici

Il a tout raté, sauf sa vie...

En 1890, Léon Bloy a 44 ans. Depuis 20 ans, il vit un douloureux combat entre son désir ardent de sainteté et les nombreuses faiblesses de son tempérament passionné et instable, assoiffé de pureté et incapable de s’arracher à ses nombreux démons. Comme Job sur son tas de fumier, il hurle sa souffrance, s’en prend à tous avec véhémence mais ne cesse d’espérer. L’heure d’une nouvelle grâce est venue. Elle viendra par une femme, Jeanne Molbech, rencontrée chez le poète François Coppée. Séduite et fascinée par la conversation et le personnage de celui qui deviendra son époux, cette luthérienne danoise lui demande : "Comment se fait-il, monsieur, que vous, un homme supérieur, vous soyez catholique ?" - " C'est peut être à cause de cela que je le suis !" répond Léon Bloy avec panache. S’ensuit un échange de lettres où l’écrivain à la férocité légendaire se montre tendrement persuasif... Un an plus tard, Jeanne devient catholique et épouse Léon. Leur entente ne connaîtra aucune ombre. Grâce à son épouse, Léon retrouve une vie disciplinée, équilibrée et préservée de la misère morale dont il a tant souffert. Son talent littéraire donne alors sa pleine mesure. En 27 ans, il écrira trente livres dont la moitié sont de premier plan : Le salut par les Juifs, la Femme pauvre, Sueur de sang, Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne (qui fera l’indignation des habitants de la bonne ville de Lagny-sur Marne !), etc. Mais ces œuvres magnifiques que l’on admire aujourd’hui ne lui ont jamais permis de gagner sa vie. La violence inouïe avec laquelle il ridiculise et conspue ses adversaires, y compris lorsqu’il s’agit des plus puissants et des plus redoutables, lui ont valu un nombre impressionnant d’ennemis influents qui pratiquent avec succès la conspiration du silence. La misère sera donc toujours la compagne du foyer Bloy et deux de leurs quatre enfants le paieront de leur vie.  Cependant, Léon Bloy vieillissant est beaucoup plus humble qu’on ne le dit. Il a tiré leçon de ses nombreux échecs et Dieu ne dédaigne pas se servir de lui pour toucher les âmes. De nombreux jeunes en quête de sens et de vérité viennent frapper à la porte de cet "étrange mendiant qui criait sur les toits la vérité divine et condamnait son temps avec plus de liberté que tous les révolutionnaires du monde. D'avoir franchi le seuil de sa maison, toutes les valeurs étaient déplacées, comme par un déclic invisible. On savait, on devinait qu'il n'y a qu'une seule tristesse, c'est de n'être pas des saints." (Témoignage de Jacques et Raïssa Maritain, qui deviendront ses filleuls). Selon son habitude, Léon Bloy ne perd pas son temps à discuter les arguments de l'athéisme mais place directement ses interlocuteurs sur le plan de la mystique. Ainsi qu'il l'avait écrit à sa fiancée : "Tu vas entrer dans un monde nouveau. Ne t'étonne de rien et ne tremble pas… pourquoi craindrais-tu ? Si tu es docile à la grâce, je t'annonce avec certitude des joies si profondes et si pures que tu croiras en mourir". C'est ainsi qu'il encourage souvent la lecture des révélations d'Anne-Catherine Emmerich. Romantique jusqu'au bout, Léon Bloy avait rêvé d'une fin glorieuse et serait volontiers mort au combat, décrochant avec panache la palme du martyre. Mais Dieu en a décidé autrement : il est mort dans son lit, à 71 ans, avec le mérite d'avoir gardé jusqu'au bout la flamme et l'émerveillement du converti et de n'avoir jamais capitulé devant ses défauts. Près d'un siècle plus tard, le pape François le citera dans sa première homélie papale !

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