Sainte Teresa de Calcutta (1/2)
Assouvir la soif infinie de Jésus sur la Croix
Pourquoi présenter la vie de Mère Teresa, une sainte dont le visage nous est si familier ? En réalité, nous ne connaissons pas suffisamment la profondeur de cette sainte qui a eu un rayonnement tout à fait exceptionnel auprès de ses contemporains, puisé dans son union au Cœur de Jésus malgré l’épreuve terrifiante de la nuit de la foi…
Agnès Gonxha Bojaxhiu naît en 1910 dans une famille très chrétienne, en Albanie (ci-dessus avec sa soeur Alga). Elle perd son père alors qu’elle n’a que huit ans. Très rapidement, elle comprend que Dieu lui demande de tout laisser pour Le suivre. À dix-neuf ans, elle quitte ainsi sa famille et son pays pour rentrer chez les Sœurs de Notre-Dame de Lorette, en Irlande. À partir de ce jour-là, elle ne reverra plus sa mère à cause de la dictature communiste en Albanie. Néanmoins, tout en souffrant de cette séparation, elle demeure inébranlable dans sa vocation.
Dès 1929, elle est envoyée en Inde, à Calcutta, comme professeur, et prend le nom de Teresa. Là-bas, le 10 septembre 1946, alors qu’elle est dans le train, elle entend la voix de Jésus qui lui lance cet appel qui va gouverner toute sa vie : « J’ai soif ». Bien plus tard, en 1993, elle exprimera cette expérience intense, dans une lettre, de la manière suivante : « Dieu a soif de nous. “J'ai Soif” est bien plus profond que Jésus vous disant : “Je vous aime”. Tant que vous ne savez pas au plus profond de vous que Jésus a soif de vous, vous ne pouvez pas savoir qui Il veut être pour vous ou qui Il veut que vous soyez pour Lui ».
Dès lors, elle comprend qu’elle doit rencontrer le Christ dans les plus pauvres des pauvres, qu’elle soit sa lumière auprès d’eux. Elle soumet cet appel dans l’appel à son directeur spirituel. Après presque deux ans de réflexion, le 17 août 1948, elle obtient du Vatican la permission de fonder une nouvelle Congrégation. Mère Teresa, non sans douleur, quitte donc les murs de son couvent et fait sa première visite dans le bidonville.
Peu de temps après, plusieurs anciennes élèves vont la rejoindre. « Le but des Missionnaires de la Charité est d’assouvir la soif infinie d’amour et des âmes de Jésus sur la croix en travaillant au salut et à la sanctification des plus pauvres parmi les pauvres. » Pour elle, il ne s’agit que de vivre l’Évangile.
Son œuvre matérielle est d’abord et inséparablement une œuvre spirituelle. Pour elle, si le monde est pauvre, c’est parce qu’il manque d’amour. Elle dit d’ailleurs : « Le monde sera surpeuplé le jour où nous oublierons de nous aimer ! » Elle désire au plus profond de son âme « apporter Jésus […] pour que vous puissiez partager vos souffrances avec Lui. » À un journaliste américain en visite à Calcutta, lui disant qu’il ne ferait pas ce travail, même pour un million de dollars, elle répond : « Moi non plus, je ne le ferais pas pour cette somme. Mais je le fais par amour de Dieu. » Mère Teresa, malgré son emploi du temps de plus en plus surchargé, demeure une active contemplative. L’adoration du Saint-Sacrement occupe une place primordiale alors qu’elle traverse une terrible nuit de la foi qui durera cinquante ans.
À suivre...
Crédit photo : © Futufit Media Outlet, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

