Soyez saints !
Le pape Léon XIV a adressé aux prêtres du diocèse de Madrid un très beau message, dont voici quelques extraits.
"Chers fils, permettez-moi aujourd’hui de vous parler du sacerdoce en me servant d’une image que vous connaissez bien : votre cathédrale. Non pour décrire un édifice, mais pour apprendre d’elle. Car les cathédrales, comme tout lieu sacré, existent, à l’image du sacerdoce, pour conduire à la rencontre avec Dieu et à la réconciliation avec nos frères, et leurs éléments renferment une leçon pour notre vie et notre ministère.
En contemplant sa façade, nous apprenons déjà quelque chose d’essentiel. C’est la première chose que l’on voit, et pourtant elle ne dit pas tout : elle indique, suggère, invite. De même, le prêtre ne vit pas pour s’exhiber, mais il ne vit pas non plus pour se cacher. Sa vie est appelée à être visible, cohérente et reconnaissable, même si elle n’est pas toujours comprise. La façade n’existe pas pour elle-même : elle conduit vers l’intérieur. De la même manière, le prêtre n’est jamais une fin en soi. Toute sa vie est appelée à renvoyer à Dieu et à accompagner le passage vers le Mystère, sans en usurper la place.
En arrivant au seuil, nous comprenons que tout ne doit pas entrer à l’intérieur, car il s’agit d’un espace sacré. Le seuil marque un passage, une séparation nécessaire. Avant d’entrer, quelque chose demeure dehors. Le sacerdoce se vit aussi ainsi : être dans le monde, mais sans être du monde (cf. Jn 17, 14). C’est à ce croisement que se situent le célibat, la pauvreté et l’obéissance ; non comme négation de la vie, mais comme la forme concrète qui permet au prêtre d’appartenir entièrement à Dieu tout en marchant parmi les hommes. (…)
En parcourant le temple, nous remarquons que tout repose sur les colonnes qui soutiennent l’ensemble. L’Église y a vu l’image des Apôtres (cf. Ep 2, 20). De même, la vie sacerdotale ne se soutient pas par elle-même, mais par le témoignage apostolique reçu et transmis dans la Tradition vivante de l’Église, et gardé par le Magistère (cf. 1 Co 11, 2 ; 2 Tm 1, 13-14). Lorsque le prêtre demeure ancré dans ce fondement, il évite de bâtir sur le sable d’interprétations partielles ou d’accents circonstanciels, et il s’appuie sur le roc ferme qui le précède et le dépasse (cf. Mt 7, 24-27).
Avant d’arriver au presbyterium, la cathédrale nous montre des lieux discrets mais fondamentaux: dans la cuve baptismale naît le Peuple de Dieu ; dans le confessionnal il est continuellement régénéré. Dans les sacrements, la grâce se révèle comme la force la plus réelle et la plus efficace du ministère sacerdotal. C’est pourquoi, chers fils, célébrez les sacrements avec dignité et foi, conscients que ce qui s’y accomplit est la véritable force qui édifie l’Église et qu’ils constituent la fin ultime à laquelle tout notre ministère est ordonné. Mais n’oubliez pas que vous n’êtes pas la source, mais le canal, et que vous avez vous aussi besoin de boire à cette eau. Ne cessez donc pas de vous confesser, de revenir toujours à la miséricorde que vous annoncez. (…)
Regardons le centre de tout, mes fils : c’est ici que se révèle ce qui donne sens à ce que vous faites chaque jour et d’où jaillit votre ministère. Sur l’autel, par vos mains, s’actualise le sacrifice du Christ dans l’action la plus haute confiée à des mains humaines ; dans le tabernacle demeure Celui que vous avez offert, de nouveau confié à votre garde. Soyez des adorateurs, des hommes de prière profonde, et enseignez à votre peuple à faire de même.
Au terme de ce parcours, pour être les prêtres dont l’Église a besoin aujourd’hui, je vous laisse le même conseil que celui de votre saint compatriote, saint Jean d’Avila : « Soyez entièrement à Lui » (Sermon 57). Soyez saints."
Crédit photos : © Mazur/cbcew.org.uk

