Les voies romaines
Un formidable réseau de communication
Quoi de plus banal aujourd’hui que d’emprunter une route pour ses déplacements, pour aller à l’école ou au travail, ou encore pour aller à l’église. Cela paraît simple. Cependant, les routes sont capitales pour la prospérité d’un pays, et même pour l’annonce de l’Évangile. Comment cela ?
Juste avant son Ascension dans le Ciel, Jésus dit à ses disciples : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16,15). De même, saint Paul, dans les Actes des Apôtres, explique aux juifs d’Antioche qu’il a reçu ce commandement du Seigneur : « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 13,47). En effet, les Apôtres sont allés jusqu’aux extrémités de la terre. Ils ont accompli l’ordre que Jésus leur avait donné. Saint Thomas est allé en Inde et en Chine, saint Jude dans l’actuel Iran. Cependant, la plupart des Apôtres sont demeurés dans les frontières de l’Empire romain. Ils ont pu se déplacer rapidement et dans toutes les directions, car ils ont pu bénéficier du réseau de voies romaines qui était déjà très développé au premier siècle, et qui ne cessera pas de grandir durant les siècles suivants. Ce réseau qui allait de la Bretagne à l’Égypte a mesuré à son apogée jusqu'à 400 000 Km. Cependant, toutes ces voies n’étaient pas pavées. Seuls les grands axes l’étaient. Les autres voies romaines avaient un revêtement en terre, mais, malgré cela, elles étaient très bien entretenues, pour permettre les déplacements rapides entre les villes.
Les voies romaines ont été un atout considérable pour l’expansion de l’Empire romain et pour son développement économique. Mais pas seulement pour cela, car elles ont été aussi une aubaine pour la propagation de l’Évangile. En effet, saint Pierre envoya de nombreux disciples à travers la Gaule, notamment pour fonder de nouvelles Églises. C’est ainsi que saint Martial et saint Eutrope purent emprunter la Via Agrippa construite moins d’un siècle plus tôt. Le premier, saint Martial, s’arrêta à Augustoritum (Limoges) où il devint le premier évêque, et saint Eutrope à Mediolanum Santonum (Saintes).
Saint Paul a, lui aussi, bénéficié de ces voies pour accomplir ses différents voyages missionnaires en Asie mineure, en Grèce et jusqu’à Rome, puisque selon l’expression : « toutes les routes mènent à Rome. » D’ailleurs, c’est sur le forum de Rome que se trouvait le milliaire d’or, un monument dont il reste encore aujourd’hui quelques vestiges. Ce milliaire marquait le point central où convergeaient toutes les voies romaines.
Enfin, c’est sur une voie romaine que la tradition nous rapporte un événement touchant de la vie de Saint Pierre. En effet, celui-ci, fuyant la persécution de Néron, s’engageait sur la Via Appia pour quitter la Ville éternelle. C’est alors qu’il croise Jésus marchant dans le sens inverse, en direction de la cité. Saint Pierre lui pose alors la même question qu’il avait posée bien des années plus tôt : « Quo Vadis ? Où allez-vous, Seigneur ? » Et Jésus de lui répondre : « Je vais à Rome pour être crucifié à nouveau. » Pierre comprend alors que le temps est venu pour lui de suivre Jésus jusqu’au don de sa vie. Il mourra crucifié à Rome.


