Pourquoi le Verbe s'est-Il incarné ?

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Homélie pour la solennité de l'Annonciation - Année A

Mercredi 25 mars 2026

Il nous a aimés jusque là...

Cette année, la liturgie nous conduit à vivre cette solennité de l’Annonciation en plein cœur de la quinzaine de la Passion. Est-ce un non-sens qui nous forcerait à passer de la compassion à l’allégresse d’une manière artificielle ? Certes, si nous fêtons la solennité de l’Annonciation, c’est bien d’abord parce qu’en ce jour nous nous trouvons exactement neuf mois avant le jour de Noël, et c’est bien l’Incarnation du Verbe qui est le grand mystère ineffable que nous célébrons. Mais il nous revient de nous poser la question fondamentale : pourquoi le Verbe s'est-il incarné ?

Le Catéchisme de l'Église catholique nous rappelle les quatre motifs de l’Incarnation :
Premièrement : le Verbe s’est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu.
Deuxièmement : il s’est  fait chair pour que nous connaissions ainsi l'amour de Dieu.
Troisièmement : le Verbe s’est fait chair pour être notre modèle de sainteté.
Quatrièmement : Il s’est fait chair pour nous rendre participants de la nature divine.

Tous ces motifs nous tournent donc vers le mystère de notre Rédemption que nous allons revivre en ce prochain Triduum pascal et que nous voulons méditer d’une manière continue en cette quinzaine de la Passion. Ainsi, cette solennité, loin de nous détourner du temps particulier que nous vivons, nous aide au contraire à le vivre avec plus de profondeur et de reconnaissance.

Réalisons-nous que Notre-Seigneur nous a aimé jusque-là ?! 

Par ailleurs, en ce jour nous contemplons l’œuvre de la Rédemption qui ne s’est pas accomplie sans le "oui" humble et total de la Vierge Marie.

Le Père ici nous rappelait bien que ce "oui" de Notre-Dame n’était pas un oui aveugle et inconscient. Il écrivait :

« il ne faut pas croire à un oui de Marie plus ou moins aveugle, inconscient de ce qu'il comportait comme conséquence pour elle et pour le monde. L'Esprit Saint par lequel elle a conçu, lui inspirant une réponse libre, devait obligatoirement, pour que cette liberté soit bien garantie, lui donner la connaissance profonde des conséquences de ce oui. Même si Marie n’a pas eu alors une connaissance détaillée des épreuves dans lesquelles son Fils devrait passer pour racheter les hommes, elle à certainement eu la grâce de faire en toute conscience une offrande totale d'elle-même dans une acceptation amoureuse de toutes les souffrances rédemptrices et corédemptrices. Et pourquoi a-telle fait cet acte d’oblation parfaite ? Parce quelle était parfaitement animée par la Foi et la Charité. »

À notre tour, une semaine avant le grand Triduum pascal, nous sommes appelés à redire notre oui à la volonté de Dieu. Ces oui sont plus où moins grands, plus ou moins douloureux, mais ils peuvent et doivent ainsi être toujours féconds s’ils sont animés, comme ceux de Notre-Dame, par la Foi et la Charité. C’est donc bien encordés à Notre-Dame des Neiges, notre première de corde, que nous parviendrons à demeurer constants dans notre Ecce ad omnia.

N'oublions pas qu’au pied de la croix la Vierge Marie a redit son ecce, un ecce pour accepter de devenir notre mère. La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick nous rapporte ce moment d’une manière touchante :

« La plus pure, la plus humble, la plus obéissante des femmes qui, après avoir dit à l'ange : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole », devint mère du Verbe fait chair, apprenant aujourd'hui de son fils mourant qu’elle doit devenir mère spirituelle d'un autre fils a répété ces mêmes paroles avec une humble obéissance, dans son cœur déchiré par les angoisses de la séparation, et qu’elle à adopté pour enfants tous les enfants de Dieu, tous les frères de Jésus-Christ. »

Que cette belle fête de l’Annonciation, en ce temps de la Passion, nous stimule à dire et redire notre "oui" à la suite de la Vierge Marie. Que nous soyons particulièrement reconnaissants envers notre Mère si généreuse et aimante. Que cette fête également nous donne un cœur encore plus compatissant en contemplant Jésus dans sa Passion. Et que Notre-Dame des Neiges nous encorde et nous apprenne cette disponibilité du cœur, cette soif du salut des  âmes. En cette grande neuvaine que nous faisons pour contempler Jésus avec nos fondateurs, terminons par ce qu’écrivait le Père sur cette soif de Mère Marie Augusta qui doit devenir la nôtre : « C’est tout cela que notre Mère à été appelée à partager : la soif des âmes à donner à Jésus pour étancher sa soif. la disponibilité parfaite à la souffrance [...] pour participer au "divin métier" et la force de dire, non pas une fois, mais tous les jours "ecce ancilla Domini" »    

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