Les évangiles sont-ils historiques ?

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Homélie pour le 3ème Dimanche du Temps ordinaire - année C

Dimanche 26 janvier 2025 - "Dimanche de la Parole de Dieu"

 Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre

Que répondriez-vous si l’on vous posait la question suivante : « Les évangiles sont-ils des livres historiques ? » Sans doute plusieurs d’entre vous seraient ennuyés d’avoir à se positionner… En ce dimanche, il nous est donné d’entendre le début du troisième évangile. Cet évangile a été écrit par un médecin, saint Luc. L’auteur est donc un scientifique, quelqu’un qui aime la précision – et qui en sait l’importance. Or saint Luc commence son évangile par ces mots pesés :

« j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. »

Lui aussi a recueilli ses informations auprès de ceux qui, selon ses mots,

« dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. »

Ces seuls mots doivent nous affermir pour répondre avec conviction : « Oui, les évangiles sont des témoignages historiques ». Le concile Vatican II l’affirme sans hésiter : « ces quatre Évangiles, dont [la sainte Mère Église] affirme sans hésiter l’historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus, le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné pour leur salut éternel, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel. »1

Notre foi repose sur des faits historiques. Pourquoi ? Parce que Dieu nous a rejoints dans notre histoire réelle. La foi chrétienne n’est pas une superstition. Elle n’est pas une philosophie. Elle n’est pas une réflexion, ni une idée. Elle est un événement : la venue dans notre chair, dans notre monde, dans notre histoire, du Fils de Dieu : « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1, 14).

Benoît XVI écrivait :

« Il est essentiel pour la foi biblique qu’elle puisse se référer à des événements réellement historiques. Elle ne raconte pas des légendes comme symboles de vérité qui vont au-delà de l’histoire, mais elle se fonde sur une histoire qui s’est déroulée sur le sol de cette terre. Le ‘factum historicum’ n’est pas pour elle une figure symbolique interchangeable, il est le sol qui la constitue : "Et incarnatus est" – “Et il a pris chair” – par ces mots, nous professons l’entrée effective de Dieu dans l’histoire réelle. »2

Nos évangiles ne sont pas des fables de La Fontaine. La Fontaine a inventé des récits – d’ailleurs très beaux – pour faire comprendre des vérités – d’ailleurs très justes. Les évangiles, eux nous rapportent les actions et les paroles authentiques du Fils de Dieu. Ce sont des événements historiques, attestés par des témoins, et qui ont assurément, en plus de leur exactitude historique, une signification spirituelle.

Aujourd’hui, nous voyons l’un des premiers événements de la vie publique de Jésus. Cet événement est particulièrement important pour nous aujourd’hui. Jésus se rend dans la synagogue de son village. Là, il est invité à faire la lecture, et lit un passage du prophète Isaïe. Ce passage annonce clairement la venue du Messie, sur qui l’Esprit-Saint reposera. L’assistance, qui connaît ces paroles, pressent que ces lignes sont lues d’une manière nouvelle, et que quelque chose n’est pas comme d’habitude. C’est pourquoi tous avaient les yeux fixés sur lui, attendant son commentaire de ce passage.

Le commentaire sera on ne peut plus bref. Mais quelle autorité, quelle majesté, quelle simplicité et quelle joie aussi : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Jésus ne peut pas dire plus clairement qu’il est le Messie. La suite immédiate de ce passage, qui commence bien, finira moins bien… Car la Croix pointe toujours lorsque la vérité est annoncée.

Mais écoutons cette autre parole d’Isaïe lue par Jésus en ce jour : « Le Seigneur m’a envoyé […] annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » Cette parole nous rejoint avec force au début de cette année jubilaire, de cette année favorable accordée par le Seigneur. Cette année, dont le thème est l’espérance, a pour but de nous presser à nous approcher de Dieu. Pour cela, Dieu s’approche de nous plus concrètement encore. Jésus, que nous voyons vivre et enseigner dans l’Évangile, nous demande d’aimer comme lui. Ce faisant, il nous appelle à un certain héroïsme. Mais pour vivre cette exigence, il nous donne sa grâce. Nous pouvons demander à Dieu, comme le faisait saint Augustin : « Donne ce que tu ordonnes, et ordonne ce que tu veux. »

En ce dimanche, prenons comme modèle la Vierge Marie. Elle est témoin de toute la vie de Jésus. Saint Luc, comme le dit Benoît XVI, a certainement recueilli son témoignage, pour rédiger son évangile.3 Nous pouvons nous appuyer sur les évangiles qui sont des témoignages sûrs de ce que Jésus a fait et enseigné. C’est là que nous l’entendons nous parler encore aujourd’hui. C’est là que nous comprenons ce qu’il nous demande – ce qu’il exige de nous. Et dans la prière et les sacrements il nous donne la force de vivre en disciples, en mettant en pratique la dernière parole de la Vierge Marie dans l’évangile, entendue dimanche dernier : « Faites tout ce que Jésus vous dira. »

En vidéo !

1 Dei Verbum, nº 19

2 Joseph RATZINGER – BENOÎT XVI, Jésus de Nazareth, 1 – Du baptême dans le Jourdain à la Transfiguration, Paris, Éditions Flammarion, 2007, page 11

3 Cf. Joseph RATZINGER – BENOÎT XVI, L’enfance de Jésus, Paris, Éditions Flammarion, 2012, page 31

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