La vie est vraiment belle si on suit le Bon Pasteur
Homélie pour le 4e Dimanche de Pâques dit "du Bon Pasteur" - Année A
Dimanche 26 avril 2026
Qu’est-ce qu’un pasteur, un vrai pasteur, un bon pasteur ?
Ce quatrième dimanche de Pâques est traditionnellement dans l’Église le dimanche du Bon Pasteur, parce que chaque année nous entendons un extrait du discours de Jésus sur le Bon Pasteur. Et c’est donc aussi chaque année le dimanche de prière pour les vocations.
Commençons par nous poser cette question : qu’est-ce qu’un pasteur, un vrai pasteur, un bon pasteur ? C’est d’abord, nous dit Jésus, celui qui marche à la tête des brebis : « il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. »
Le pasteur marche devant, il ouvre la voie. Benoît XVI disait : « Le berger marche en tête, nous dit l'Évangile de saint Jean. Nous ne pouvons diriger les autres que si nous sommes en avant. Et nous ne sommes en avant, nous n’avançons, que si nous suivons celui qui nous a tous précédés : Jésus-Christ. »[1] C’est donc un critère essentiel que celui-ci : le pasteur est devant les brebis, mais il suit le Seigneur Jésus.
Lorsque Jésus confie à Pierre la charge de pasteur universel, il lui dit : « Sois le berger de mes brebis » (Jn 21, 15-17). Les brebis restent celles de Jésus. Elles sont confiées à Pierre et aux pasteurs, qui sont donc les représentants, les intendants d’un autre. Le pasteur, dans l’Église, est donc celui qui parle et qui agit au nom d’un autre. Celui qui a le souci des brebis, qui ne sont pas les siennes, mais celles de Notre Seigneur. Cette posture donne au pasteur une grande force. En effet, il ne craint pas, parce qu’il est le représentant d’un autre, du bon pasteur par excellence, qui est Dieu lui-même. Benoît XVI écrivait : « Le critère du service sacerdotal, c’est l’abnégation personnelle que recouvre la phrase de Jésus : "Ma doctrine n’est pas de moi" (Jn 7, 16). Nous ne sommes les coopérateurs de Dieu, qui plantent, arrosent et sont associés à son œuvre propre, que si nous pouvons dire cela en toute vérité, et seulement alors. Lorsque des gens nous citent et opposent notre christianisme à celui des autres, nous devons faire un examen de conscience. Ce n’est pas nous que nous annonçons, mais Lui. C’est ce que réclame notre humilité, c’est la croix de ceux qui suivent le Christ. Mais c’est cela qui nous libère, qui donne fécondité et grandeur à notre service. »[2] « En tant que prêtre, je n’ai pas le droit de proposer mes propres idées, je suis l’envoyé d’un autre et c’est cela seul qui donne son poids à mon message. »[3] Le message à transmettre est exigeant. Nous entendons aujourd’hui saint Pierre proclamer : « Convertissez-vous ! » Puis : « Détournez-vous de cette génération tortueuse, et vous serez sauvés. » Ces propos seraient aujourd’hui taxés de sectaires ! Ils sont pourtant ceux que le chef des apôtres a fait retentir le jour même de la Pentecôte, au premier jour de la mission de l’Église ! Nous devons y être fidèles, quoi qu’il nous en coûte.
Dans son message pour cette journée de prière pour les vocations, le pape Léon XIV écrit : « Dans l’Évangile de Jean, Jésus se définit littéralement comme le "beau berger" (Jn 10, 11). Cette expression désigne un berger parfait, authentique, exemplaire, car il est prêt à donner sa vie pour ses brebis, manifestant ainsi l’amour de Dieu. C’est le Pasteur qui fascine : ceux qui le regardent découvrent que la vie est vraiment belle si on le suit. »[4]
En ce dimanche, en contemplant Jésus, le bon pasteur, le « beau pasteur », nous prions pour avoir, aujourd’hui encore, des pasteurs selon le Cœur de Dieu. Des pasteurs qui ressemblent à ce beau pasteur. Nous prions pour les vocations. Mais soyons concrets. Il nous faut prier pour que des jeunes entendent l’appel de Dieu et y répondent. Il vous faut prier concrètement, vous, les parents, pour que parmi vos enfants, certains entendent l’appel de Dieu et y répondent. Qu’y a-t-il de plus beau que de donner sa vie à la suite de Jésus ? Avons-nous la certitude concrète que Jésus peut rendre heureux aujourd’hui un jeune qui laisse tout pour le suivre ?
Joseph Ratzinger avait témoigné un jour, au sujet de sa vocation : « Lorsque j'ai commencé, il y a trente-cinq ans, j'avais peur de ce qui pouvait se passer. Mais j’ai très tôt et souvent expérimenté à quel point est vraie la promesse du Seigneur qu’il rend dès cette terre le centuple de ce qui a été apporté. Certes, cela ne va pas sans tribulations, mais le Seigneur tient sa promesse. »[5] Chacun de ceux qui ont répondu à l’appel de Dieu peut en témoigner aussi, dans l’action de grâce !
Nous pouvons enfin nous poser la question, récurrente en nos temps : à quel âge donner sa vie à Dieu ? La réponse est claire : quand Dieu appelle ! Oui, aujourd’hui encore, au XXIe siècle, on peut évidemment s’engager dans la vie religieuse ou vers le sacerdoce à 18 ans ! Le 3 août dernier, le pape Léon XIV a salué un tout jeune prêtre espagnol de 24 ans, ordonné quelques jours auparavant – il était donc entré au séminaire à 18 ans.[6] Le Saint Père a tenu à saluer ses parents et les a félicités d’avoir donné un si jeune prêtre à l’Église.
Confions à la Vierge Marie les jeunes appelés par Jésus, afin que personne ne les empêche de répondre à l’appel de Dieu. Mais qu’ils aient la joie de suivre le bon, le beau Pasteur, venu pour que tous aient la vie, la vie en abondance.
Notes :
[1] Joseph RATZINGER, Serviteurs de votre joie, Fayard, 1990, Page 70
[2] Joseph RATZINGER, Appelés à la communion, Fayard, 1991, page 171
[3] Joseph RATZINGER, Un chant nouveau pour le Seigneur, 1995, Desclée, page 223
[4] LÉON XIV, Message pour la journée des vocations, 16 mars 2026
[5] Joseph RATZINGER, Serviteurs de votre joie, Fayard, 1990, Page 69
[6] https://fr.aleteia.org/2025/08/08/le-precieux-conseil-de-leon-xiv-a-un-tout-jeune-pretre-de-24-ans/