La vertu d'espérance dans la vie des époux

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La vertu d'espérance

WE Foyers 2e trimestre 2024 - 2e enseignement

I) LA VERTU THÉOLOGALE D’ESPÉRANCE DANS LA VIE DES ÉPOUX

Bien chers amis,

Après avoir approfondi la vertu théologale d’espérance dans la Tradition de l’Église, nous allons actualiser cet enseignement à votre vie d’époux chrétiens. L’espérance, avons-nous dit, est un don divin qui nous permet de vivre en ce monde marqué par tant de péchés et de souffrances en étant solidement agrippés à la main de Jésus qui nous conduira au port sûr du Salut éternel.

Le modèle de l’espérance est Abraham, mais la Vierge Marie a été encore, d’une certaine manière, plus héroïque que lui en espérant contre toute espérance au moment où son Fils mourait crucifié ! Jésus a promis - avant de monter au Ciel - qu’Il serait avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Croyons-Le : Il tient ses promesses. Il est tous les jours avec nous et Il demeure réellement et substantiellement présent dans tous les Tabernacles du monde où est conservée l’Eucharistie. Que cette ferme espérance nous garde dans la confiance.

II-1) L’espérance est un acte de ferme confiance aux promesses de Jésus.

Avant de vous engager dans le mariage, vous vous êtes peut-être posé cette question : « serais-je fidèle ? ». Cette question vous a pu vous tourmenter pendant un certain temps. Le prêtre qui vous a préparés au mariage a dû vous rassurer : « oui, vous serez fidèles si vous vous appuyez sur Jésus ».

Nous vous invitons, ce matin, à faire un petit examen de conscience en vous servant de l’acte d’espérance. Apprenez-le par cœur, si vous ne le connaissez pas encore. Rappelons son double objet : la ferme confiance de bénéficier de la grâce de Dieu en ce monde pour obtenir notre salut, et celle de jouir du bonheur éternel dans l’autre.

Relisez votre vie de couple. Vous êtes mariés depuis 10, 20, 30, 40 ou 50 ans. Vous aimez-vous aussi amoureusement qu’au jour de votre mariage ? Nous ne voulons pas vous décourager, mais vous faire grandir dans l’espérance et vous permettre de retrouver la jeunesse et l’ardeur de votre amour conjugal. N’ayez pas peur ! Jésus vous aime d’un amour que l’on ne peut pas imaginer. Jésus veut vous aider à grandir dans votre bel amour conjugal. Aucune situation, aucun péché ne peuvent faire obstacle à sa miséricorde infinie, si on Lui demande humblement sa grâce. Croyez en la grâce ! Croyez que la grâce peut renouveler votre amour conjugal ! Croyez que Jésus vous attend dans le sacrement de pénitence pour vous donner ou redonner sa grâce. N’ayez pas peur : l’espérance chrétienne est la ferme confiance de pouvoir bénéficier de la grâce de Jésus, même si l’on a connu le triple reniement de Pierre ou d’autres trahisons !

Vous vivez votre vie conjugale dans un monde bien difficile. Vous êtes affrontés peut-être à de graves problèmes financiers à cause du chômage ou d’autres raisons. Peut-être, avez-vous trop axé votre vie conjugale sur la réussite humaine. N’ayez pas peur de faire un examen sincère de conscience devant Jésus : « est-ce que je vis vraiment de l’espérance chrétienne ? » Quelle est la priorité dans ma vie ? La réussite sociale, professionnelle, la réussite de mes enfants, la sécurité financière ? Les épreuves et les cataclysmes devraient nous faire réfléchir : en deux minutes, nous pouvons tout perdre. Que nous resterait-il alors si nous n’avions pas la foi, l’espérance et la charité ?

Que cette récollection nous aide à remettre de l’ordre dans notre vie conjugale et familiale : Dieu doit être à la première place. Cette terre n’est pas l’objet de la promesse de Dieu ! Le seul objet de la promesse sur lequel se fonde l’espérance chrétienne est le Royaume de Dieu. Comme Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus le disait : le Ciel doit être considéré comme notre seule Patrie ! Saint Ignace de Loyola n’a pas cessé de répéter au fier Xavier qui désirait la gloire du monde : « à quoi cela te servirait-il de gagner le monde si tu perdais ton âme ? ». Bien sûr, nous ne devons pas nous désintéresser de notre Nation, de la vie de nos enfants, mais toutes nos décisions doivent être prises en considération du Ciel.

Redisons ce que nous disions dans la première causerie : si nous ne lâchons pas la main de Jésus, nous n’avons pas à avoir peur. Il nous aidera à tenir bon dans toutes les tempêtes.

Pour vous aider à grandir dans l’espérance, nous voudrions vous citer un extrait d’une lettre du frère prêtre de Ste Gianna à Pietro Molla, l’époux de Gianna, quelques semaines après sa mort pour la Fête-Dieu de l’année 1962 : « le motif de notre joie, même si elle est voilée pour nous par le deuil et les pleurs, c’est de considérer le chef d’œuvre que Jésus Eucharistie a su créer dans notre Gianna, en l’alimentant de jour en jour avec Sa Présence réelle en elle, en formant comme un sculpteur Son modèle en elle, en l’ornant de belles vertus. C’est le triomphe de l’Eucharistie, qui maintenant ne cesse d’opérer en toi, en te donnant tout le réconfort et l’aide pour compenser le grand vide que Gianna a laissé dans ta vie ». Que ce témoignage vous aide à grandir dans l’espérance en cette année mariale. Ce que Jésus a réalisé en Sainte Gianna Molla, Il peut le réaliser dans chacune de vos vies ! Appuyez-vous sur Lui, ne lâchez pas sa main et vous vous aimerez amoureusement et fidèlement jusqu’à la fin de votre vie !

II-2) La vertu théologale d’espérance.

Nous avons vu que la vertu théologale d’espérance était comme l’ancre de l’âme qui nous permet de ne pas partir à la dérive au moment de la tempête suscitée par l’Adversaire. Nous avons reçu de Dieu cette vertu d’espérance, comment l’avons-nous développée ? Pour que l’ancre réalise sa mission, il est nécessaire qu'elle soit accrochée sur un fondement stable et solide. L’ancre de notre espérance doit être accrochée dans le Cœur du Christ. Plus nous serons unis à Lui et plus notre espérance grandira. Comprenons l’importance de la communion fréquente. Sainte Gianna Molla n’a pas accompli l’acte héroïque du don de sa vie par hasard. Elle a été préparée comme le disait son frère prêtre par Jésus Eucharistie.

La vertu théologale d’espérance doit nous aider à surmonter nos peurs ou à être plus prudent pour ne pas être téméraire. Éclairez-vous l’un l’autre dans vos échanges en couple ! Prenez des décisions réfléchies, priées, décidées dans votre unité et conformes à la Volonté de Dieu sur vous : Jésus vous aidera à les tenir. Croyez aussi que la grâce de Jésus peut aider votre conjoint à triompher de tel ou tel défaut. Saint François de Sales et Saint Jean Bosco ont triomphé de leur violence. Charles de Foucauld a triomphé de sa mollesse et de sa sensualité. Personne n’a le droit de douter de l’efficacité de la grâce de Dieu.

Nous possédons la vertu d’espérance, sommes-nous en ces temps où beaucoup sont tourmentés, dépressifs, angoissés des témoins de l’espérance chrétienne ? St Jean-Paul II nous avait dit : « entrez dans l’espérance », y sommes-nous entrés ? Dans nos repas de famille, dans nos relations, sommes-nous des témoins d’espérance ou ne parlons-nous que de ce qui va mal, des catastrophes, des guerres ? En 2024, certes, le monde et l’Église ne sont pas porteurs de joie et d’espérance.

Le monde était-il davantage porteur de joie et d’espérance en 1965 au moment où les Pères du Concile donnaient au monde le magnifique texte sur l’Église dans le monde de ce temps ? Le Concile a, redisons-le, privilégié « Gaudium et Spes » = joie et espérance sur « luctus et angor » = tristesses et angoisse ! Que privilégions-nous aujourd’hui ? Attention au Malin qui voudrait nous décourager et nous accabler pour que nous ne rayonnions pas l’espérance ! Au lieu de voir toujours ce qui va mal dans le monde et l’Église, sachons voir aussi ce qui va bien et n’oublions pas que l’espérance chrétienne est sûre : elle se fonde sur les promesses de Jésus. Nous sommes appelés au Bonheur éternel du Ciel. Ce monde terrestre n’est que le noviciat du Ciel. Soyons convaincus que le Ciel est notre Patrie et soyons témoins de l’espérance qui nous habite. Que notre Famille soit, comme le désirait St Jean-Paul II, Gaudium et Spes pour notre conjoint, pour nos enfants et pour tous ceux que nous accueillons ou qui nous voient vivre ! Aujourd’hui, sachons remercier Dieu pour le grand don de l’espérance !

II-3) La vertu théologale d’espérance et la Toute Puissance de Dieu.

Chacun est invité à actualiser ce qui a été dit sur l’ultime message de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et sur le message de Sainte Faustine. Le démon n’a-t-il pas réussi tant et tant de fois à nous décourager ? Peut-être y a-t-il encore dans notre conscience des fardeaux de notre passé qui nous découragent encore ? Pourquoi aurions-nous peur de confesser tel ou tel péché qui nous tourmente et que nous n’avons pas  encore réussi à confesser ?

Le Saint Curé d’Ars parlait beaucoup de la tentation de la fausse honte. Satan est très rusé : il peut nous tenter comme il avait tenté cette personne dont le Curé d’Ars avait eu connaissance et qui avait toujours refusé d’accuser une ou plusieurs fautes qu’elle savait être grave, probablement le péché d’adultère. Pour ne pas soi-disant perdre sa réputation, elle a menti en confession jusqu’à la fin de sa vie. Saint Jean Marie Vianney a su que cette personne s’était damnée à cause de cela. C’est pour aider ses pénitents qu’il rappelait souvent ce cas, afin que plus personne n’ait de fausse honte mais grandisse dans l’espérance en la divine miséricorde. Cette femme n’aurait pas perdu sa réputation puisque les prêtres auxquels elle s’est confessée en continuant à mentir étaient tenus par le secret sacramentel.

N’ayez pas peur : le prêtre sait qu’il y a plus de joie au Ciel pour un pécheur qui se repent plutôt que pour 99 qui n’ont pas besoin de conversion. Le prêtre vous regardera avec le regard d’Amour de Jésus, quels que soient les péchés que nous lui confessons. Le prêtre a la grâce d’état de garder secret que vous lui aurez confessé ! Libérez-vous de tout ce qui tourmente votre conscience et entrez en vérité dans l’espérance. Alors, avec Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, vous pourrez dire : « Si j’avais commis tous les crimes possibles je garderais au cœur la même confiance ». Si l’on a recouru à l’avortement, reconnaissons humblement notre péché et croyons que Dieu par l’Église donne son pardon. Si, comme David, on a été infidèle à son engagement matrimonial, recourons aussi avec confiance à la miséricorde. Jésus nous dira alors comme à la femme adultère : « moi non plus je ne te condamne pas, mais va et ne pèche plus ! ». Comprenez que le Curé d’Ars ne voulait pas faire peur à ses pénitents, mais il voulait les aider à se libérer et à s’ouvrir avec confiance à la Miséricorde de Dieu ! Misericodias Domini in aeternum cantabo = les Miséricordes du Seigneur éternellement je les chanterai.

Vous êtes invités aussi à réfléchir en couple sur votre espérance par rapport à la Toute Puissance de Dieu. Beaucoup d’événements bouleversent les hommes de notre monde, surtout ceux qui n’ont ni la Foi, ni l’espérance. Ne perdons pas confiance et construisons davantage notre vie sur Dieu.

Lorsque nous avons rencontré à Vilnius, dans notre pèlerinage avec nos jeunes amis en 1998, Nijolé Sadunaïté, qui a écrit « un sourire au goulag », nous avons été impressionnés par l’espérance de cette humble chrétienne lituanienne qui avait fait trembler le KGB, qui la considérait comme son ennemi le plus dangereux, parce qu’elle participait à la rédaction de la chronique des chrétiens de Lituanie qui révélait à l’Occident les persécutions marxistes ! Nous lui avions demandé si elle avait eu peur lorsqu’elle était dans la terrible prison du KGB à Vilnius. Humainement parlant, bien sûr, elle avait eu peur ! Mais, nous a-t-elle dit, je savais que j’étais dans la main de Dieu tout comme mes bourreaux. Il suffisait qu’Il souffle sur eux pour qu’ils soient réduits en poussière. Cette pensée l’a soutenue. Quelle espérance !

Un autre petit fait concret qui pourrait vous aider dans votre vie de tous les jours. Un couple italien, Franca et Domenico = Dino, s’est converti. Dino voulait emmener son épouse faire un grand voyage en avion. Mais prise d’une panique insurmontable, elle refusa d’aller plus loin après la première escale. Dino ne pouvait pas raisonner son épouse, il lui conseilla de téléphoner à Rome à celui qui la guidait spirituellement. Le conseiller spirituel dit à Franca de faire confiance en son époux et de monter dans l’avion en pensant que Jésus est à côté d’elle pendant tout le voyage. Elle obéit, non sans grande appréhension, et elle vécut un voyage comme jamais elle n’avait vécu : elle avait voyagé avec Jésus en pensant qu’Il était assis à côté d’elle dans l’avion. Voilà encore un magnifique exemple concret d’espérance ! Ne doutons jamais de la Toute Puissance de Dieu ! Nous aurons des épreuves, mais Jésus sera toujours là avec nous pour nous aider à les porter.

La Sainte Vierge, le Vendredi Saint à 15 heures, n’a pas douté de la Toute Puissance de Dieu, et pourtant son Cœur était transpercé par le glaive de douleur.

Comme nous l’avons déjà dit, hier soir, en citant Saint Paul, ne doutons pas que la Puissance de Jésus se déploie dans notre faiblesse. Vous avez déjà, au jour de votre mariage, dit « oui » pour accepter la responsabilité de conjoint et de parent. Pourquoi, aujourd’hui, auriez-vous peur d’assumer de nouvelles responsabilités ? Faites-vous confiance l’un à l’autre et si vous êtes convaincus, dans votre unité, que Dieu vous appelle à prendre telle responsabilité dans l’Église ou dans le monde, ne dites pas sans cesse : « je ne suis pas capable » ! Faites un acte d’espérance comme David. Avec ses 5 petits cailloux et sa fronde, il a vaincu Goliath ! Si on ne prend pas les responsabilités que Dieu voudrait que l’on prenne, d’autres les prendront et il ne faudra pas s’étonner alors que l’Europe refuse et rejette ses racines chrétiennes.

Pourquoi avoir peur de donner la vie à un nouvel enfant si aucune raison grave ne vous en empêche ? Faites là encore un acte d’espérance en exerçant, bien sûr, votre paternité responsable ! Mais, répétons-le : l’argent ne doit pas vous empêcher de donner la vie. Nos Fondateurs ont voulu que notre Famille Missionnaire vive, chaque jour, des dons providentiels. La sollicitude de la divine Providence nous comble ! Ce que Dieu fait pour nous, Il le fera pour vous et pour les familles généreuses qui s’efforcent de vivre selon sa Loi d’Amour. Le chapitre 6 de Saint Matthieu devrait conforter votre espérance. Nous devons donner chaque mois à la CAVIMAC 60 000 euros pour l’assurance maladie et la cotisation pour la retraite pour chaque Domini !!! La divine Providence nous permet de payer cette lourde charge et de financer toutes les autres dépenses pour la vie et la mission, pour les bâtiments, les voitures etc …C’est un miracle journalier !

Nous avons dit encore, hier soir, qu’il fallait demander, chaque jour, les grâces nécessaires pour accomplir notre devoir d’état. Sommes-nous convaincus de cela ? Comprenons-nous l’importance d’une telle prière ? Si Pierre avait demandé à Jésus la grâce de ne pas le renier, il ne l’aurait pas renié, mais, ayant trop confiance en lui, il ne voyait pas la nécessité d’une telle prière ! Redisons-le : ne sous-estimons jamais la puissance des démons. Ne soyons pas téméraires ! Demandez humblement les grâces à Jésus : vous serez fidèles l’un à l’autre jusqu’à la fin de votre vie, vous remplirez votre devoir d’état, et vous aurez le courage d’être témoins de la vérité dans telle ou telle circonstance bien difficile.

Réfléchissez enfin sur ce que disait Saint Ignace de Loyola au sujet de nos choix de vie. Tout devrait être décidé en fonction de notre vie éternelle. Nous vous conseillons vivement de mettre à votre programme une Retraite de 5 jours. Vous aurez ainsi le temps de mieux réfléchir sur les grandes décisions de votre vie et voir si tous vos choix sont toujours vus en fonction de la vie éternelle. Est-ce que le Ciel est ma vraie Patrie ? Redisons-le en pensant aux catastrophes, qui en quelques secondes peuvent tout nous faire perdre. Le témoignage d’un prêtre français – qui a été au séminaire français de Rome – devrait nous marquer. Il était en mission au Japon. Il était satisfait du merveilleux travail qui avait été fait depuis 30 ans dans la Paroisse où il résidait : tout fonctionnait bien. Il avait tous les locaux dont il avait besoin. En quelques secondes tout a été détruit par un terrible tremblement de terre. Cela lui a permis de mieux comprendre où il devait mettre son espérance ! Marthe Robin avait dit après la mort d’un homme qui avait de grandes responsabilités qu’à la fin de notre vie, il ne resterait que l’amour !

II-4) Croire que L’Église est le Navire qui nous garde dans l’espérance.

Il nous semble important de rappeler avec fermeté la nécessité de rester dans l’Église de Jésus. Attention aux critiques contre l’Église et son Magistère universel ! Ne nous laissons pas égarer, même si nous vivons le temps de la grande tempête. L’Église, dans son mystère divin, a les paroles de la vie éternelle. L’Église, dans son humanité, est un Peuple de pécheurs pardonnés. St Paul VI et St Jean-Paul II ont dit, avec autorité, que le Saint-Esprit nous parlait par le Concile Vatican II.

Pour rester dans l’Église de Jésus, il faut être dans l’obéissance au Magistère universel de notre Église = tout ce que les Conciles et les Papes ont proclamé avec infaillibilité depuis les apôtres. Monseigneur Lefèbvre s’est excommunié lui-même en 1988 par l’ordination de 4 évêques en désobéissant gravement à St Jean-Paul II. En sens opposé, la crise progressiste, qui explique en partie la crise dite intégriste, s’aggrave. Demeurons dans l’Église de Jésus, même si des scandales et de graves infidélités l’ont défigurée. L’Enfer ne pourra pas la détruire.

Sachons aussi faire notre examen de conscience : ne critiquons-nous pas trop souvent des membres de notre Église ? Il faut, certes, vouloir la fidélité. Nous avons le droit et le devoir de ne pas être d’accord avec des idées qui contredisent le véritable enseignement du Magistère universel. Mais nous ne devons pas condamner le cœur des personnes. Nous devons préjuger de la bonne foi de ceux qui sont dans l’erreur et qui, pour la plupart, ont été déformés. Prions et offrons pour que l’Esprit St éclaire ceux qui n’obéissent pas dans la confiance et l’amour au Magistère universel de l’Église. Rendons grâces à Dieu, aujourd’hui, pour tout ce que nous recevons par l’Église. Que serions-nous sans cette Mère qui nous donne à profusion tous les dons divins dont nous avons besoin pour notre salut ?

Gardons en mémoire l’image de l’Arche de Noé. Au temps où Noé construisait son Arche, on devait bien se moquer de lui. Bien peu de personnes sont montées dans cette Arche du Salut (Saint Pierre parle de 8 dont Noë - 2 P 2, 5) mais avec lui, Dieu a fait une création nouvelle. Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus ridiculisés et marginalisés dans notre société française marquée par un nouveau et virulent laïcisme. N’ayons pas peur, soyons remplis d’espérance et de reconnaissance pour faire partie de cette Église, Arche du Salut pour le monde entier. Ne rougissons pas de notre Église pour ne pas rougir du Christ. Pourquoi les chrétiens sont-ils plus timides que les musulmans ou les témoins de Jéhovah ? Faisons connaître l’Église, faisons connaître les trésors que Jésus lui a confiés et qu’aucune autre religion ne peut posséder car aucune autre n’a été fondée par le Fils de Dieu fait homme !

II-5) Le combat de l’espérance dans les épreuves de la vie.

a) Le combat de l’espérance au niveau personnel :

dans votre prière personnelle et en couple pensez au combat mené par Jésus, par la Sainte Vierge, par Sainte Thérèse, par Marthe Robin, par Saint Paul. Qui n’a jamais été tenté par le découragement ? Vous connaissez davantage les manœuvres de Satan. Il agit sans cesse pour décourager. Alors, prenez toujours le remède efficace : ouvrez-vous à ceux qui ont grâces d’état pour vous aider. Votre conjoint peut vous aider. Demandez humblement la prière de votre conjoint. Partager vos combats, lorsque vous pouvez les partager, vous unit en profondeur ! Pensez au tourment du Padre Pio et ne croyez pas que vous êtes anormaux, parce que vous ressentez telle ou telle angoisse, telle ou telle peur. L’angoisse et l’espérance surnaturelle peuvent cohabiter !

Si vous avez de grandes épreuves à porter, priez bien vos Saints Patrons et vos anges gardiens. St Jean-Paul II sait ce que souffrir veut dire. N’hésitons pas à le prier. Priez bien évidemment aussi la Sainte Vierge. Qui, mieux qu’elle peut compatir à vos souffrances ? Mettons-nous enfin toujours devant la Croix de Jésus : Il nous aidera à porter notre Croix avec Lui. Rappelons-nous la Béatitude : « Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ». Pensons enfin à Saint Paul : quelle espérance ! Rien ne l’a arrêté. Que rien ne nous arrête !

b) Le combat de l’espérance au niveau de la société et de l’Église :

gardons en mémoire les grands appels de St Jean-Paul II pour ce troisième millénaire : rendre raison de l’espérance qui nous habite et aller au large et jeter les filets en étant témoins de l’Amour. Notre monde actuel est développé au niveau de la technique, mais bien fragile au niveau de l’espérance. Beaucoup ont peur : peur de la violence qui grandit, peur de l’avenir, peur des catastrophes naturelles… Beaucoup de jeunes n’ont plus d’espérance : ils ont été tellement déçus par les paradis artificiels qu’on leur a proposés. La drogue et le suicide sont les signes d’un monde qui n’a plus d’espérance. C’est à ce monde que Dieu nous envoie pour lui témoigner de l’espérance chrétienne. Vous comprenez mieux alors l’urgence de la nouvelle évangélisation et le zèle pour le combat des racines chrétiennes de l’Europe. Une Europe qui rejetterait ses racines chrétiennes ne pourrait pas être espérance pour le monde. Seule, une Europe qui les retrouve peut l’être, car l’espérance du monde ne peut pas se trouver dans l’argent mais dans les valeurs évangéliques qui ont façonné notre Europe et qui l’ont unifiée à la fin du premier millénaire. Alors, ne soyons pas timides ! Forts de l’espérance qui nous habite, soyons des témoins zélés et courageux de Jésus ! Aidons nos frères agriculteurs mais aussi les petits artisans, les petits ouvriers …

c) Comment remporter le combat de l’espérance ?

Nous vous avons parlé de notre Père Fondateur, hier soir, nous voulons vous le donner à nouveau comme modèle, ce matin. Il est pour nous un grand témoin de l’espérance. Qu’il le soit aussi pour vous. Il n’a jamais cessé de nous rappeler ces maîtres mots : patience, persévérance et confiance. Oui, ayez confiance, malgré les difficultés de ce temps ! Le combat de l’espérance pourrait être de plus en plus difficile encore, mais nous n’aurons rien à craindre si, aujourd’hui, nous vivons fidèlement dans l’espérance. Demandons humblement à Jésus la grâce de rester fidèles. Prions beaucoup la Sainte Vierge. La prière du chapelet en famille nourrit l’espérance et donne force et confiance.

II-6 ) L’espérance chrétienne dans notre monde matérialiste.

Benoît XVI, dans le numéro 19 de son Encylique Spe Salvi, peut nous aider à mieux comprendre le monde matérialiste dans lequel nous nous trouvons. Il a parlé de la Révolution française comme «tentative d'instaurer la domination de la raison et de la liberté, maintenant aussi de manière politiquement réelle ». Les idées révolutionnaires se sont répandues dans l’Europe de l’Illuminisme. Aux numéros 20 et 21, il a décrit la nouvelle et terrible révolution marxiste avec son cortège de destructions ! Citons sa conclusion : «L’erreur de Marx est plus en profondeur. Il a oublié que l'homme demeure toujours homme. Il a oublié l'homme et il a oublié sa liberté. Il a oublié que la liberté demeure toujours liberté, même pour le mal. Il croyait que, une fois mise en place l'économie, tout aurait été mis en place. Sa véritable erreur est le matérialisme: en effet, l'homme n'est pas seulement le produit de conditions économiques, et il n'est pas possible de le guérir uniquement de l'extérieur, créant des conditions économiques favorables ».

Comme St Jean-Paul II, Benoît XVI s’en tient à une claire distinction des pouvoirs temporel et spirituel. Il ne remet pas en cause la juste autonomie du pouvoir politique : « A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais il montre que le pouvoir politique doit être soumis à la Loi naturelle dont le fondement est Dieu ! Lorsque ce pouvoir politique rejette Dieu et méprise le Droit naturel, il devient tyrannique pour l’homme et il ne respecte plus la liberté de l’homme ! Nous venons de le constater, une nouvelle fois, avec la décision du gouvernement français et des députés et sénateurs, d’inscrire dans la Constitution « le droit de l’avortement » ! Jérôme Lejeune avait donné la démonstration scientifique que, dès la conception, tout le génome humain d’un nouvel être conçu était donné. Cet être ne serait pas homme au jour de sa naissance s’il ne l’était pas dès sa conception. Avorter un tel être dans le sein de sa maman, c’est donc tuer un enfant. Le droit à l’avortement dans la Constitution est en contradiction totale avec les droits de l’homme dont le premier droit est le droit à la vie. Qui, aujourd’hui, peut dire en conscience qu’avorter, ce n’est pas tuer un enfant ? Ste Mère Térésa été énergique pour dire aux dirigeants des Nations en recevant le prix Nobel de la Paix : « ne tuez pas vos enfants ! » Puisse l’espérance chrétienne nous donner le courage de la vérité pour rappeler sans peur que la guerre la plus meurtrière dans le monde, depuis les années 75, est la guerre mondiale contre l’enfant qui a fait plus de 2 milliards de victimes innocentes !

L’enseignement éclairé de Benoît XVI devrait éclairer tous les hommes de bonne volonté de notre temps. Il y va de l’avenir de l’humanité. Avant sa mort, St Jean-Paul II avait réfléchi sur le mystère du mal qui a fait tant de ravages au cours du vingtième siècle. Ce "mysterium iniquitatis" continue à faire du mal en ce vingt et unième siècle. Benoît XVI a donné cette clé de compréhension qui doit, tous, nous aider : «L'ambiguïté du progrès est rendue évidente. Sans aucun doute, le progrès offre de nouvelles possibilités pour le bien, mais il ouvre aussi des possibilités abyssales de mal – possibilités qui n'existaient pas auparavant. Nous sommes tous devenus témoins de ce que le progrès, lorsqu'il est entre de mauvaises mains, peut devenir, et qu'il est devenu, de fait, un progrès terrible dans le mal. Si au progrès technique ne correspond pas un progrès dans la formation éthique de l'homme, dans la croissance de l'homme intérieur (cf. Ep 3, 16; 2 Co 4, 16), alors ce n'est pas un progrès, mais une menace pour l'homme et pour le monde ». Les hommes de bonne volonté comprendront-ils que la Loi naturelle dont le fondement est Dieu est la véritable espérance pour l’avenir de l’humanité ? Sans le respect de cette Loi, les hommes continueront à s’autodétruire …

II-7 ) La vertu théologale d’espérance et la sainteté.

St Jean-Paul II nous a dit de ne pas avoir peur d’être des saints. Jésus veut que nous soyons des saints. Il nous veut vite saints, grands saints ! Pourquoi penser que la sainteté n’est pas faite pour nous ? Jésus ne s’est-il pas engagé avec vous au jour de votre mariage ? Redisons encore que la sainteté ne consiste pas en des actions d’éclat, des exploits qui pourraient alimenter l’orgueil, mais en la fidélité dans l’observance de son devoir d’état. Cette fidélité dans les petites choses de la vie quotidienne est à la portée de chacun de vous !

N’oubliez jamais le dernier message de Sainte Thérèse et celui de Sainte Faustine : l’espérance chrétienne est un acte de confiance absolu en la divine Miséricorde révélée dans le Cœur de Jésus ! Ne pas vouloir être saint, c’est ne pas espérer en la Puissance de son Cœur miséricordieux. Il a transformé ses disciples peureux en grands apôtres qui n’ont pas craint de mourir martyrs. Ne serait-il plus capable de transformer les pauvres baptisés que nous sommes ? Que St Louis et St Zélie Martin soient vos modèles. Ils ont engendré la plus grande sainte des temps modernes, mais leurs quatre autres filles, devenues également religieuses ont vécu saintement. Le renouveau de l’Eglise et du monde a besoin de saintes familles.

Il serait important de mieux connaître Saint Claude la Colombière, le Saint de la confiance. Jésus lui a confié une belle et grande mission : celle de discerner les messages qu’Il a donnés à Sainte Marguerite Marie. Ce Saint était le serviteur fidèle et le parfait ami de Jésus. Il savait qu’il ne pouvait pas être saint par ses seules forces, mais il a voulu être saint pour la Gloire de Jésus !

Soyez des couples saints et votre famille sera "Gaudium et Spes" et, par elle, Jésus pourra rayonner son Amour et vous pourrez participer à la construction de la civilisation de l’amour. 12 pauvres apôtres sont partis porter l’évangile au monde marqué par l’esprit païen de l’Empire romain. En l’an 312, cet Empire s’est converti au christianisme ! Seuls, les saints sont le véritable avenir de notre humanité ! Jésus pourra-t-Il compter sur chacun de nous ?

Prions et réfléchissons en couple pour être forts dans l’espérance.

Faites pénétrer dans votre cœur ce que nous venons d’approfondir sur la vertu théologale d’espérance. Demandez à l’Esprit Saint des grâces de force et de fidélité pour mener le combat de l’espérance. Faisons nôtre cette prière de Saint Claude la Colombière :

« Ô Jésus, je sens en moi un grand désir de Te plaire et une grande impuissance d’en venir à bout, sans une lumière particulière et le secours que je n’attends que de Toi. C’est à Toi de tout faire, mon Seigneur. Toi seul aura la gloire de ma sanctification, si je me fais saint. Cela me paraît plus clair que le jour, mais ce sera pour Toi une plus grande gloire et c’est pour ça seulement que je veux désirer la perfection ».

Que l’Esprit Saint fasse grandir notre vertu théologale d’espérance !

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