Ne nous laissons pas happer par l’agitation de ce monde

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Homélie pour le 32e Dimanche du Temps Ordinaire

Dimanche 8 novembre 2020

La capacité de nous arrêter et de regarder en profondeur en nous-mêmes

Dans une audience générale, Benoît XVI évoquait deux voies qui conduisent à Dieu : la création et l’intériorité de l’homme. Pour la seconde il développait : « la vérité réside dans l'homme intérieur. Il faut avoir la capacité de nous arrêter et de regarder en profondeur en nous-mêmes et de lire cette soif d’infini que nous portons à l’intérieur, qui nous pousse à aller au-delà et renvoie à Quelqu’un qui puisse la combler. »

Les lectures de ce jour nous demandent de suivre cette voie de l’intériorité. Nous vivions dans un monde qui rejette Dieu, et parallèlement nous constatons que nous vivons dans un monde qui est incapable de s’arrêter, de méditer. Un monde constamment agité, pas seulement extérieurement, mais aussi intérieurement. Même au cœur du confinement ceux qui sont happés par l’esprit du monde se retrouvent incapables de s’arrêter, de regarder en profondeur… pour reprendre les mots de Benoît XVI.

Et pourtant dans la première lecture nous avons entendu que la Sagesse « se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première… Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; » Or, depuis l’incarnation du Verbe, nous savons quel est le véritable visage de la Sagesse : Jésus. C’est bien lui qui vient à notre rencontre et qui est cet infini que nous recherchons au fond de nous même. Infini que nous le possèderons en plénitude dans le Royaume éternel.

Avant cependant, nous devrons passer par le mort, quitter ce monde d’en bas. Mais pour nous chrétiens, la mort n’est pas le néant, elle n’est pas synonyme de « désespoir ». C’est précisément ce que nous enseignait Saint Paul : « Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. »

Ainsi, bien que la séparation de la mort est inévitablement cause de grandes tristesses et de souffrances, notre espérance nous pousse cependant à regarder au-delà. Le salut ne nous sera pas donné par le monde, la technique ou la politique. Il viendra seulement de Jésus qui transfigurera ce pauvre monde. Joseph Ratzinger écrivait : « Le salut du monde, c'est que le monde en tant que tel soit dépassé. Le Christ ressuscité est la certitude vivante que ce dépassement, sans lequel le monde reste absurde, ne se heurte pas au néant, que par conséquent l'histoire peut être vécue positivement… Par suite, l'antichrist est la fermeture absolue de l'histoire sur sa propre logique, comme antithèse à Celui dont, selon Ap 1,17, tout œil verra enfin le flanc ouvert. » (La mort et l'au-delà, p. 232) C’est précisément ce dont voulait nous mettre en garde Charles Péguy lorsqu’il écrivait : « Ils veulent faire faire des progrès au christianisme. Qu’ils se méfient, qu’ils se méfient. Ils veulent faire faire au christianisme des progrès qui pourraient leur coûter, qui leur couteraient cher. Le christianisme n’est nullement, il n’est aucunement une religion de progrès : ni du progrès. C’est la religion du salut ».

Ainsi, ne nous laissons pas à notre tour happer par l’agitation de ce monde, mais au cœur de ce monde soyons les témoins de l’espérance chrétienne. Ne vivons pas dans la peur, mais en ces temps troublés et difficiles, nous connaissons les deux colonnes qui nous préservent de la tempête : L’Eucharistie et la Vierge Marie.

L’Eucharistie : Le Concile Vatican II nous rappelle que : « C'est de la liturgie, et principalement de l'Eucharistie, comme d'une source, que la grâce découle en nous et qu'on obtient avec le maximum d'efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l'Eglise. » En ce temps de confinement, beaucoup ne peuvent participer physiquement à la messe de ce dimanche, mais restons vigilant pour bien vivre nos messes retransmises et ne nous habituons jamais à nous priver de la messe du dimanche. C’est notre grand trésor, nous devons utiliser tout les moyens pour que ce droit au culte soit respecté, et nous comprenons votre souffrance d’être ainsi privés de ce trésor des trésors qu’est le Saint Sacrifice de la messe.

Et la Vierge Marie. "Finalement mon Cœur Immaculé triomphera", nous a-t-elle promis. Nous ne savons pas comment le Vierge Marie va exécuter son œuvre, mais nous avons la certitude qu’elle a déjà écrasé la tête de l’antique serpent et qu’elle sera victorieuse ! Alors recourons fréquemment à notre Mère Céleste avec un amour filiale et confiant. Prions le chapelet avec ferveur et détermination et ne nous lassons pas de nous réfugier dans son Cœur Immaculé.

Dans l’Évangile nous avons entendu la nécessiter d’être prêt. Cela rejoint ce que nous avons déjà évoqué sur la nécessité d’une vie intérieure au milieu de cette agitation qui nous détourne de l’essentiel. Comment être prêt ? En menant sans nous lasser le combat spirituel. Saint Grégoire de Nysse, commente ce passage en disant que l’huile symbolise la Vertu, et que les Vierges Folles n’étaient pas prêtes car elles n’avaient plus de vertus : « Elles n'avaient pas dans leur âme la lumière qui est le fruit de la vertu – écrit-il –, ni dans leur pensée la lampe de l'Esprit. C'est pourquoi l'Écriture les appelle « folles », et avec raison, car leur vertu s'est éteinte avant l'arrivée de l'Epoux ; aussi les a-t-il exclues de la récompense, c'est-à-dire des noces d'en haut. Parce qu’elles n’avaient pas la force de l'Esprit. »

Qu’ainsi, ce nouveau temps d’épreuve et de confinement ne nous abatte pas, mais qu’avec la force de Dieu, le soutien de la Vierge Marie, nous en fassions un temps d’amour pour notre Dieu si délaissé et confiné en ses tabernacles. Un temps qui nous permette de faire nôtres les paroles du psalmiste : « Dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler. Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes. »

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