In Altum

Mensuel catholique gratuit
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Saint John Henry Newman (2/2)

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 112)

Cor ad cor loquitur - Le Cœur parle au cœur 

Pour lire la 1ère partie, cliquez ici

Enfin, le 9 octobre 1845, contre son sentiment mais fidèle à sa conscience qui avait découvert avec certitude la vérité, Newman « rentrait au port après une violente tempête ». C’est le Bx Dominique Barberi c.p, qui le reçut dans l’Église catholique. Dès lors, ses amis l’abandonnèrent, sa famille le rejeta et il fut exclu d’Oxford. « Il [sacrifiait] bien des choses qu’il aimait et estimait, et qu’il aurait pu garder s’il n’avait préféré l’honnêteté à la gloire et la vérité à des amis très chers ». Traître aux yeux de toute l’Église d’Angleterre, il était l’objet de la méfiance des catholiques.

Lui-même partit pour Rome étudier la théologie catholique et être ordonné prêtre. Séduit par St Philippe Néri, il décida de fonder l’Oratoire en Angleterre, auquel s’ajouta plus tard une école. Tour à tour premier recteur de l’université catholique de Dublin, traducteur de la Bible, directeur de journal, il passait surtout le plus clair de son temps à guider les âmes dans la vie spirituelle (ses lettres remplissent trente et un volumes), tout en continuant à écrire et en défendant la foi catholique, l’Immaculée Conception, les droits de la conscience…

Il eut deux lourdes croix à porter : d’une part, une scission au sein de l’Oratoire qu’il avait fondé, ourdie par des proches. D’autre part, calomnié à Rome comme ‘libéral’ suite à des articles dont il ne put se justifier, il fut longtemps déconsidéré parmi les catholiques. Il retrouva cependant l’estime de ses compatriotes en publiant en 1864 l’Histoire de mes opinions religieuses, où il protestait de sa bonne foi comme anglican, puis comme catholique.

Invité à participer au premier Concile du Vatican, il refusa, s’en jugeant indigne. Il savait en outre allier l’humour à l’humilité : quand on lui dit un jour que certains le tenaient pour un saint, il répondit énergiquement : « Comme chacun sait, je n’ai rien d’un saint ! Les saints ne sont pas des hommes de lettres, ils n’aiment pas les humanités, ils n’écrivent pas des contes. C’est bien assez que je cire les chaussures des saints – si tant est que St Philippe utilise du cirage au Ciel ! »

Il fut créé cardinal en 1879 par le pape Léon XIII, en reconnaissance de son zèle, durant tant d’années, pour la cause catholique. Dans son discours, Newman affirme avoir toujours écrit avec « une intention droite [et] le désir de servir la Sainte Église » et lutté contre le grand mal de « l’esprit de libéralisme en religion […], doctrine suivant laquelle il n’y a pas de vérité absolue en religion, [qui] n’admet pas qu’aucune religion puisse être considérée comme vraie […] ».

Newman meurt le 11 août 1890, estimé de tous et considéré comme le plus grand esprit et la plus fine plume de son temps, comparé même à Saint Augustin et à Saint Thomas. Paul VI le qualifia de « Père de l’Église pour le siècle à venir ! » et Benoît XVI tint à le béatifier lui-même, le 19 septembre 2010, à Birmingham, louant en lui « un intellectuel de grande envergure, un éminent écrivain et poète, un sage homme de Dieu, dont la pensée a illuminé de nombreuses consciences et exerce encore aujourd’hui une fascination extraordinaire ». Il rendit hommage à sa conception de l’éducation et à sa manière de faire dialoguer « le monde de la foi et le monde de la raison » et de manifester ainsi le caractère raisonnable de la foi.

Sa canonisation advient après qu’une femme enceinte et l’enfant qu’elle portait aient été sauvées d’une mort certaine par son intercession

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