In Altum

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Darwin Ramos (1994 - 2012)

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 116)

Maître de Joie (suite 2/2)

À la fondation « Un pont pour les enfants » de Manille, Darwin, du haut de ses onze ans, apprend à mieux connaître ce Jésus qui est déjà son grand Ami. En comprenant sa Soif d’amour et ses souffrances, il ne voit plus sa myopathie comme une maladie mais comme une ‘mission’ : « Tu sais, je crois qu’à chaque fois que j’ai mal, Jésus utilise ma souffrance pour faire du bien à quelqu’un à l’autre bout du monde. » Lorsqu’il disparaît sans dire un mot, tout le monde sait qu’il s’est traîné jusqu’à la chapelle où il vit un cœur à Cœur devant le tabernacle, les mains jointes et les yeux fermés.

 Mais la maladie progresse. En l’année de ses dix-sept ans, il doit être transporté d’urgence à l’hôpital, où il lui faut subir une pénible intubation. Il ne reste à disposition qu’un insufflateur manuel, si bien que ses amis vont se relayer jour et nuit pour presser la poire qui lui permet de respirer. Le père Matthieu Dauchez (photo du bas) nous a livré le témoignage des derniers jours de Darwin comme une véritable configuration à Jésus :

 Jeudi Saint :

pour la première fois, Darwin n’accueille pas le Père par un sourire. Son regard est très angoissé. « Il faut prier, implore-t-il. – Pourquoi ressens-tu le besoin de prier ? – Parce que je me bats. – Tu te bas contre ta maladie ? – Je me bats contre le démon. Il faut prier, maintenant. » Le Père a du mal à cacher son émotion, mais il lui donne sans tarder l’onction des malades et prie le rosaire. Lorsqu’il part, Darwin fixe toujours le plafond d’un regard angoissé. Le combat n’est pas fini, il est pourtant gagné et le piège s’est retourné contre l’ennemi. Le démon lance un dernier assaut contre une forteresse imprenable.

Vendredi Saint :

  le regard de Darwin est à nouveau serein. Il fait comprendre qu’il veut écrire. Laborieusement, il trace « Un immense merci » – c’était une caractéristique de Darwin de toujours remercier – puis « Je suis très heureux ».  Le Père essuie furtivement ses larmes et ne peut s’empêcher de penser au « Tout est accompli » du Christ en Croix. Il décerne intérieurement à son petit bonhomme le titre de « Maître de Joie ».

 Samedi Saint :

 transféré en soins intensifs, Darwin se contente de simples regards et de sourires discrets. Il est au cœur de l’étape silencieuse de son pèlerinage.

Pâques :

Darwin est dans un semi-coma. Son cœur bat très faiblement. Des amis de la Fondation sont autour de son lit. Le Père lui murmure : « Tu t’es bien battu, mon bonhomme. Allez, vas-y maintenant, pars. Ils t’attendent là-haut... » Darwin nous a quittés. Nous sommes un dimanche matin, à l’aube du jour où les chrétiens se rassemblent pour fêter la résurrection du Christ.

 Quelques temps plus tard, le Père cherche la chapelle de l’hôpital pour s’y recueillir. À sa grande stupéfaction, il la trouve située juste au-dessus de la petite pièce où Darwin a vécu sa semaine sainte. Tout au long de ce combat spirituel, lorsqu’il fixait le plafond, les yeux de Darwin étaient en fait rivés sur le tabernacle.

 

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