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Fiducia Supplicans : sans l’Afrique…

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 158)

Depuis la publication du texte Fiducia supplicans par le Dicastère de la Doctrine de la foi le 18 décembre, les réactions se sont succédées en cascade. L’autorisation de bénir des couples en situation irrégulière, donc aussi des « couples » homosexuels, a suscité une levée de boucliers inédite dans l’histoire récente de l’Église.

Au début du mois de janvier, après l’intervention remarquée du cardinal Müller en décembre, c’est le cardinal Sarah qui est sorti du silence. S’il assure dans son message de Noël que l’on « ne s’oppose pas au pape François » en s’opposant au texte, il voit dans cette déclaration « une hérésie qui mine gravement l’Église », et il fait siennes « les décisions et l’opposition ferme à la Déclaration Fiducia supplicans ».

En effet, après les nombreuses réactions des conférences épiscopales africaines, le cardinal Ambongo (photo), archevêque de Kinshasa et membre du C9 (le conseil rapproché du pape, composé de neuf cardinaux), a décidé de synthétiser les contributions des différents pays dans un document unique pour l’Afrique. Paru le 11 janvier, après une rencontre du cardinal avec le pape et le cardinal Fernandez, le texte commun pour l’Afrique reconnaît que Fiducia supplicans « a provoqué une onde de choc, semé des idées fausses et du désordre dans l’esprit de nombreux fidèles laïcs, personnes consacrées et même pasteurs ». Les évêques africains affirment qu’ils s’appuient  sur la Parole de Dieu et « l’enseignement constant de l’Église [qui] décrit les actes homosexuels comme "intrinsèquement désordonnés" ». Aussi les évêques africains rejettent-ils la possibilité de bénir des « couples » homosexuels.

En France, Mgr Marc Aillet (ci-contre), évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a publié un texte théologique dense et approfondi, au terme duquel il invite les ministres ordonnés à accueillir les personnes avec « bienveillance », à avoir le courage de leur dire avec délicatesse et clairement « la vérité que l’Église enseigne sur leur situation », et à leur donner une bénédiction si elles le demandent, « à condition que ce soit à chaque personne individuellement, en les appelant à la conversion et en les invitant à demander le secours de la grâce que le Seigneur accorde à tous ceux qui le lui demandent pour conformer leur vie à la Volonté de Dieu ».

© Peter Potrowl

Quelques jours plus tard, les évêques des diocèses de l’Ouest, dont Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, ont regretté quant à eux que la déclaration Fiducia supplicans « n’explicite pas le raisonnement qui la fait passer des "personnes" aux "couples" », soulignant que « le mot "couple" a une signification particulière qui aurait mérité une explicitation. »

Le 11 janvier, la Conférence des évêques de France a donné un communiqué qui a suscité des interprétations diverses, voire contradictoires. Dans un article du 21 janvier, le site d’informations du Vatican (Vatican news) l’interprétait en affirmant que le communiqué de la conférence épiscopale française « encourageait les "prières de bénédiction, données sous une forme spontanée" aux couples en situation irrégulière. »

Enfin, ce 21 janvier, les trois évêques de Guyane, de Martinique et de Guadeloupe ont à leur tour publié un communiqué dans lequel ils estiment que les prêtres « ne peuvent conférer de bénédiction à des couples en situation irrégulière ou de même sexe », et ceci, « afin d’éviter toute confusion ».

Crédits photos : François-Régis Salefran CC BY-SA 4.0, Wikimédia Commons ; © Peter Potrowl

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