Le Petit Luc sur Boulogne ou l’Oradour-sur-Glane vendéen
Quand l’homme sans Dieu devient un loup pour l’homme
En 1794, voulant en finir avec la Vendée, le Comité de Salut public approuve le plan du général Turreau de faire parcourir la Vendée par douze colonnes chargées de tout tuer et incendier sur leur passage. Sur le plan militaire, la Vendée n’est plus une menace. C’est le seul cas au monde où l’on a légiféré sur l’extermination d’un peuple. Dans la France révolutionnaire, dont on a exclu Dieu, il n’y a point de salut pour les ennemis de la liberté. Ces colonnes sont appelées infernales car, partout où elles passent, la population, républicains compris, du vieillard au nourrisson et jusqu’aux animaux, est passée au fil de l’épée avec cruauté et sans pitié ; habitations et récoltes sont brûlées.
Le 28 février 1794, la colonne du général Cordelier est en vue des Lucs-sur-Boulogne, commune comportant deux paroisses, le Grand et le Petit Luc. Les habitants trouvent refuge auprès de la Vierge, dans l’église Notre-Dame du Petit Luc. L’abbé Voyneau va au devant de la colonne pour s’offrir en victime contre la vie de ses paroissiens. Le vieux prêtre est torturé puis tué. Cordelier et ses soldats arrivent à l’église, y massacrent ses occupants, incendient l’édifice et le canonnent afin que nul n’en réchappe, puis visitent maisons et fermes, y massacrant humains et animaux. Un des soldats écrit :
« Aujourd’hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter à peu de frais toute une nichée de calotins. Nos colonnes ont progressé normalement ».
Prévenu, le curé du Grand Luc, l’abbé Barbedette, aumônier auprès de Charette, se rend sur place. Il va enterrer les morts et dresser une liste des victimes avec 565 noms ; le plus jeune avait quinze jours, le plus vieux quatre-vingt-quatre ans. Parmi eux, 207 hommes et femmes de 10 à 49 ans, 124 de plus de cinquante ans, et 127 enfants de moins de dix ans, dont 110 n’avaient pas sept ans. Ces noms furent gravés sur des plaques dans les murs de la chapelle construite sur l’emplacement du chœur de l’église détruite. Des démarches furent faites par Mgr Cazaux et l’Abbé Prouteau, curé des Lucs, en vue de béatifier les 110 enfants, ces « Saints Innocents de la Vendée martyre », morts en haine de la foi. Les papes Pie XII et Jean XXIII s’intéressèrent au dossier. Des personnes œuvrent aujourd'hui pour la reprise de la démarche. Chaque année, un pèlerinage vers les lieux est organisé. Sur place, le Mémorial témoigne de la tragédie. En 1993, lors de l’inauguration, Soljenitsyne, dans son discours, fit une comparaison entre l'idéologie révolutionnaire et le communisme.
Prière de Mgr Cazaux pour la béatification des enfants martyrs :
« Seigneur Jésus, qui avez couronné de l’auréole des martyrs les petits enfants de Bethléem immolés à votre place par Hérode, daignez nous accorder la glorification des petits enfants des Lucs, victimes de l’impiété révolutionnaire. N’est-ce pas en haine de votre Nom qu’ils furent eux aussi massacrés, nouveaux Saints Innocents de cette paroisse justement surnommée le Bethléem de la Vendée ? Notre-Dame du Petit-Luc, Reine des Martyrs, priez pour nous ! ».