Pour vivre à fond l'année du Jubilé 2025
Ce mois-ci : L’unification de la date de Pâques
Pourquoi, dans sa bulle d’indiction de l’année jubilaire, au n°17, le Pape exprime-t-il le désir d’une célébration commune de la fête de Pâques ?
Parce que la Résurrection du Christ est le cœur de toute notre foi. Or, il est regrettable que les chrétiens d’Orient et les chrétiens d’Occident ne soient pas unis pour la célébrer à la même date ! Le Concile de Nicée, dont 2025 marque le 1700ème anniversaire, a justement discuté de cette question. Et la divine Providence permet qu’en cette année 2025, les dates s’accordent, ce qui n’est pas très fréquent !
Quelle était la situation avant le Concile de Nicée ?
Dans les tous premiers siècles, il y avait des Églises qui célébraient la Résurrection du Christ le même jour que la Pâque juive, même si ce n’était pas un dimanche, alors que d’autres la célébraient le dimanche suivant.
Pourquoi les premiers chrétiens tenaient-ils à relier la date de la fête de Pâques à celle de la Pâque juive ?
Parce qu’on peut déduire du Nouveau Testament que la mort et la résurrection de Jésus ont eu lieu lors de la célébration de la Pâque juive. Or celle-ci, selon les prescriptions bibliques, était célébrée le 14 du mois de Nisan. C’était le premier mois de l’année juive, qui commençait avec la nouvelle lune du printemps. La date en était donc variable. A la fin du IIème siècle, il y avait quatre méthodes pour calculer la date de Pâques !
Qu’a décidé le Concile de Nicée pour unifier la date de Pâques ?
Il a tenté de déterminer une solution unique qui maintiendrait la relation avec la date de la Pâque juive : la fête de Pâques serait célébrée par toutes les Églises le premier dimanche après la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps.
Pourquoi cette unification opérée par le Concile de Nicée n’a-t-elle pas perduré jusqu’à nos jours ?
Pour une simple histoire de réforme du calendrier ! En Orient, les orthodoxes continuent de calculer la date de Pâques selon le calendrier julien, en vigueur depuis l’an 46 av. JC, tandis que depuis 1582, les catholiques et les protestants ont adopté le calendrier grégorien, promu par le Pape Grégoire XIII.
Pourquoi le Pape Grégoire XIII a-t-il jugé nécessaire cette réforme du calendrier ?
Cette réforme s’imposait parce que le calendrier julien était en retard par rapport à la réalité astronomique. En effet, pour diviser l’année en parties égales, il faisait comme si la rotation annuelle de la terre durait 365 jours, alors qu’il faut y ajouter cinq heures, quarante-huit minutes et quarante-six secondes. Il résolvait le problème en ajoutant un jour tous les quatre ans (les années dites bissextiles), mais avec cette méthode, le calendrier julien était plus long de onze minutes et quatorze secondes que la durée réelle de la rotation de la terre autour du soleil. De ce fait, au bout de 128 ans, le calendrier fut en retard d’une journée sur la réalité astronomique de l’équinoxe. C’est cela que le calendrier grégorien a tenté de corriger, en décrétant qu’il n’y aurait pas de jour supplémentaire les années dont le chiffre peut être divisé par 100, mais pas par 400. Le décalage avec la réalité astronomique n’est plus que de vingt-six secondes, si bien qu’il faut 3600 ans pour arriver à une différence d’un jour. Présentement, le calendrier julien « retarde » de treize jours par rapport au calendrier grégorien.
Y a-t-il déjà eu des tentatives d’unification de la date de Pâques depuis cette fameuse réforme du calendrier au XVIème siècle ?
Oui, il y a longtemps qu’on s’y efforce, mais les travaux ont repris de la vigueur à partir du début du XXème siècle. En 1923, un congrès pan-orthodoxe a révisé le calendrier julien. Selon ce calendrier, dit « mélitien », l’année n’a que deux secondes de plus que l’année solaire, et les calculs sont faits à partir de Jérusalem et non de Greenwich. Hélas, il n’a pas fait l’unanimité non plus. Une enquête menée entre 1965 et 1967 par le Conseil Œcuménique des Églises a montré que la majorité des Églises occidentales préféreraient une date commune fixe, tandis que les Églises orthodoxes préféreraient, pour éviter de nouvelles divisions, ne pas changer de calendrier et donc que l’on adopte une date commune variable. Dans l’état actuel des choses, seul l’Esprit-Saint peut éclairer les esprits et disposer les cœurs sur la route à suivre !
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