La vertu d'espérance et l'éducation des enfants en vue de la vie éternelle

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La vertu d'espérance

WE Foyers 2e trimestre 2024 - 3e enseignement

III) L’ÉDUCATION DES ENFANTS EN VUE DE LA VIE ÉTERNELLE ET DU SALUT DE LEURS ÂMES

Bien chers amis,

Après avoir abordé la vertu d'espérance dans la Tradition de l’Église (I) puis dans la vie des époux (II), nous voulons maintenant évoquer son lien avec l'éducation de vos enfants.

Comment éduquer les enfants à l’espérance chrétienne pour être témoins du Christ en ce monde ? Nous voulons vous donner quelques  éléments  en  vue  de  cette  éducation, mais vous êtes mieux placés que nous pour développer concrètement ces éléments pour l’éducation de chacun de vos enfants. Chaque enfant est différent, vous le savez bien.

 I) Soyez des parents éducateurs qui privilégient la joie dans l’Esprit et la joie des Béatitudes !

Imitez  les  évêques  de  Vatican  II  et  privilégiez la joie et l’espérance sur la tristesse et l’angoisse ! Soyez  des  époux  et  des  parents  sereins  et  joyeux,  malgré  les  difficultés.  Soyez sans vous lasser les  témoins  convaincus  de l’espérance chrétienne dont vos enfants, vos familles et notre monde ont tant besoin !

St  Paul  VI  a  écrit  une  magnifique  lettre  apostolique  sur  la  joie  pour  la  Pentecôte de l’année sainte 1975. Citons cet extrait :

« Réjouissez-vous dans le Seigneur, car il est proche de tous ceux qui l’invoquent en vérité. Notre invitation appelle essentiellement au renouvellement intérieur et à la réconciliation dans le Christ. Il y va du salut des hommes, il y va de leur bonheur  plénier.  Nous  vous  invitons  à  implorer  de  l’Esprit Saint  le don de la joie... C’est pour nous une  exigence d’amour que vous inviter à partager cette joie surabondante qui est un don de l’Esprit Saint... C’est une sorte d’hymne à la joie divine que nous voudrions entonner afin qu’il éveille un  écho dans  le monde entier, et d’abord dans l’Église : que la joie soit répandue dans les cœurs avec l’amour dont elle est le fruit, par l’Esprit Saint qui nous a été donné.

Mais  comment  ne  pas  voir  aussi  que  la  joie  est  toujours imparfaite,  fragile,  menacée ?... La société technique a pu multiplier les occasions de plaisirs, mais elle a bien du mal à sécréter la joie. Car la joie vient d’ailleurs. Elle est spirituelle. L’argent, le confort, l’hygiène, la  sécurité  matérielle  ne  manquent  souvent  pas,  et  pourtant l’’ennui, la morosité, la tristesse demeurent malheureusement le lot de beaucoup. Cela parfois jusqu’à l’angoisse et au désespoir, que l’insouciance apparente, la frénésie du bonheur présent et les paradis artificiels ne parviennent pas à évacuer. Il  faudrait aussi un patient effort d’éducation pour apprendre ou réapprendre à goûter simplement les multiples joies humaines que le Créateur met déjà sur nos chemins : joie exaltante de l’existence et de la vie ; joie de l’amour chaste et sanctifié ; joie pacifiante de la nature et du silence , joie parfois austère du travail  soigné ;  joie  et  satisfaction  du  devoir  accompli ;  joie  transparente  de  la  pureté,  du  service,  du partage ;  joie  exigeante  du  sacrifice.  Le  chrétien  pourra  les  purifier,  les  compléter,  les  sublimer :  il  ne saurait les dédaigner. La joie chrétienne suppose un homme capable de joies naturelles. C’est bien souvent à partir de celles-ci que le Christ a annoncé le Royaume de Dieu ».

Vous saurez tirer de ces paroles de St Paul VI des éléments d’éducation à la joie pour vos enfants. Nous vous citons presque intégralement la conclusion de sa lettre apostolique sur la joie :

« C’est l’homme, en son âme, qui se trouve démuni pour assumer les souffrances et les misères de notre temps. Elles l’accablent d’autant plus que le sens de la vie lui échappe, qu’il n’est plus sûr de lui-même, de sa vocation et de sa destinée transcendantes. Il a désacralisé l’univers et maintenant l’humanité ; il a parfois coupé le lien vital qui le rattachait à Dieu... Dieu lui semble abstrait, inutile : sans qu’il sache l’exprimer, le silence de Dieu lui pèse. Oui, le froid et les ténèbres sont d’abord dans le cœur de l’homme qui connaît la tristesse. On  peut  parler  ici  de  la  tristesse  des  non croyants,  lorsque  l’esprit  humain,  créé  à  l’image  et  à  la ressemblance de Dieu, et donc orienté instinctivement vers lui comme vers son bien suprême, unique, reste sans  le  connaître  clairement,  sans  l’aimer,  et  par  conséquent  sans  éprouver  la  joie  qu’apportent  la connaissance de Dieu, même imparfaite, et la certitude d’avoir avec lui un lien que la mort même ne saurait rompre. Qui ne se souvient de la parole de Saint Augustin : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi »? C’est donc en devenant davantage présent à Dieu, en se détournant du péché, que l’homme peut vraiment entrer dans la joie spirituelle... Notre propos est de vous inviter aux sources de la joie chrétienne... en nous mettant à l’écoute de la Bonne Nouvelle de son Amour ».

St Paul VI nous indique la route de la vraie espérance chrétienne à laquelle Dieu vous appelle dans l’éducation de vos enfants pour leur vrai bonheur.

Benoît XVI, dans son Encyclique Spe Salvi, nous dit : « le chemin des temps modernes influence la crise  actuelle  de  la  foi  qui,  concrètement,  est  surtout  une  crise  de  l'espérance  chrétienne. La foi dans  le  progrès  n’aurait  pas  dû  engendrer  la  crise progressiste pour Benoît XVI.  Cela  ne  serait  pas  arrivé  si  l’on  avait distingué – avec Gaudium et Spes - « progrès scientifique »  et  « Salut  éternel » : « Ce n'est  pas  la  science  qui  rachète  l'homme.  L'homme  est  racheté  par  l'amour. La  vraie,  la  grande espérance de l'homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce peut être seulement Dieu – le Dieu qui nous  a  aimés  et  qui  nous  aime  toujours jusqu'au  bout ».  Vos enfants ont besoin de vous entendre dire cette vérité, car ils peuvent être influencés à l’école ou par leurs amis et désirer cette instauration d’un monde parfait dont parlait Benoît XVI dans Spe Salvi et qui est une grande illusion: « Ainsi l'espérance biblique  du  règne  de  Dieu  a  été  remplacée  par  l'espérance  du  règne  de  l'homme,  par  l'espérance  d'un monde  meilleur  qui  serait  le  véritable  «règne  de  Dieu».  Cela  semblait  finalement  l'espérance,  grande  et réaliste, dont l'homme avait besoin... » La conclusion de Benoît XVI est très parlante pour les adultes et les enfants : « La vie humaine est un chemin. Vers quelle fin ? Comment en trouvons-nous la route ? La vie est comme un voyage sur la mer de l'histoire, souvent obscur et dans l'orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d'espérance. Certainement, Jésus Christ est la lumière, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l'histoire. Mais pour arriver jusqu'à Lui nous avons besoin aussi de lumières proches – de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée. Et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l'étoile de l'espérance ? » Soyons, avec Notre-Dame des Neiges, des lumières d’espérance pour nos enfants, nos familles et ceux auprès de qui nous vivons.

Quelques conseils concrets pour éduquer vos enfants en vue de la sainteté.

Benoît XVI a conclu son Encyclique en nous invitant à donner à ceux que nous éduquons des modèles qui sont appelées à être les vraies étoiles de notre vie. N’oublions pas la hiérarchie de ces vraies étoiles : Jésus puis la Vierge Marie. Ne mettons pas de côté le Grand et Bon Saint Joseph. La Sainte Famille doit toujours être pour vous et pour nous le grand modèle de l’éducation à la sainteté. Nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir l’école de sainteté qu’a été la Famille Martin. Louis et Zélie ont été canonisés ensemble. Ils ont été le premier couple canonisé ensemble. Ces saints époux ont éduqué de saints enfants. Leurs 5 filles qui ont survécu (ils ont perdu 4 enfants) ont toutes été religieuses. La plus connue est Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus que Pie XI avait appelé « la plus grande sainte des temps modernes ». Léonie, qui a été pour Zélie l’enfant la plus difficile à éduquer, sera bientôt béatifiée ! Louis et Zélie ont éduqué leurs enfants parce qu’ils ont été fidèles à leur vertu théologale d’espérance.

Quels sont donc les objectifs premiers de la vertu théologale d’espérance ?

Reprenons ce que nous avons médité depuis le début de notre récollection sur la vertu théologale d’espérance. Le premier but de cette vertu théologale est le Royaume des Cieux. Notre vie sur la terre n’est qu’un noviciat de la vie éternelle dans le Ciel. L’un des principes fondamentaux donné par Saint Ignace de Loyola au début de ses Exercices spirituels est celui-ci : choisir toujours ce qui nous permettra d’obtenir le premier objectif : le Royaume des Cieux et écarter tout ce qui empêcherait de réaliser cet objectif. Le deuxième objectif est de croire fermement que Jésus nous donnera toujours ses grâces pour atteindre cet objectif et sauver notre âme.

Que privilégions-nous pour l’avenir de nos enfants ?

Nous vous laissons réfléchir dans votre unité de couple et faire votre examen de conscience personnel pour répondre à cette question.

Voici ce que notre Père Fondateur conseillait aux époux chrétiens :

« Les parents sont les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants. Ils ont l'autorité nécessaire pour remplir cette charge et aussi les grâces d'état s'ils sont priants. L'éducation doit être complète et doit commencer par l'application au développement naturel des enfants : physique, sensoriel et mental, mais l'éducation des cœurs est l'éducation la plus fondamentale ; éducation sacrée à répercussion éternelle. Le but suprême demeure l'obtention de la meilleure capacité de vivre saintement sur la terre et ensuite avec Dieu et en Dieu dans la Jérusalem céleste. Les parents ont ainsi pour mission suprême de former à la délicatesse et à la force de l'amour de qualité divine. C'est pourquoi ils doivent se former eux-mêmes à être des éducateurs des cœurs à la ressemblance des Cœurs de Jésus et de Marie. Dans cette mission d'éducateurs, ils doivent être conscients de leurs faiblesses, de leurs ignorances et de leurs limites, mais ne jamais se décourager. L'on devient éducateur petit à petit. Avec l'aide de conseils et le secours de la prière, ils doivent se développer en n'oubliant pas que l'exemple vivant de leur propre foi et de leur propre amour est nécessaire pour que leurs paroles et exhortations pénètrent leurs enfants ».

Saint Ignace de Loyola n’a pas cessé de rappeler au fier basque, Xavier : « à-quoi cela peut-il te servir de gagner le monde si tu viens à perdre ton âme ? ». Xavier méprisait St Ignace, qui était un étudiant beaucoup plus âgé que les autres et beaucoup plus habillé pauvrement, mais il a fini par se convertir et il est devenu l’un des plus grands saints de la Compagnie de Jésus et le Saint-Patron de la Mission de l’Église. Votre vertu théologale d’espérance vous aidera à faire les choix pour vos enfants en vue du Salut de leur âme. Vous leur avez donné la vie du corps, vous devez les éduquer en vue du Ciel.

Quelles écoles ou organismes choisissons-nous pour atteindre ces objectifs ?

Notre Fondateur disait encore aux parents chrétiens : « Ils ne doivent pas se décharger sur d'autres personnes de cette mission essentielle. Ils doivent, certes, se faire aider par l'Église et ses institutions et œuvres éducatives et aussi par la société civile, mais en gardant toujours la vigilance pour collaborer activement et lucidement avec ceux qu'ils ont choisis pour les aider. Ils doivent contrôler l'influence qui peut s'exercer sur leurs enfants et les prémunir contre les dangers inévitables. Ils doivent toujours garder leur autorité inaliénable ». Nous sommes bien conscients que vous n’avez pas beaucoup de choix en ces temps avec des collèges ou lycées soi-disant catholiques qui, de fait, ne donnent pas une éducation catholique et proposent même à vos enfants des activités culturelles ou des enseignements que vous ne cautionnez pas.

La vertu théologale d’espérance nous appelle à remettre Dieu à la première place.

Notre Père Fondateur disait encore aux Foyers : «Il ne peut y avoir d'éducation des cœurs à l'amour sans illumination des esprits par la Vérité. Les parents, vigilants pour accueillir eux-mêmes humblement la lumière, seront forts de leur confiance en l'Évangile et en l'Église catholique pour s'appliquer à éclairer progressivement leurs enfants et à les garder des erreurs. Au moment du baptême de leurs enfants, l'Église leur a rappelé leur responsabilité de favoriser la formation chrétienne de ces âmes qui recevaient le germe de la vie nouvelle et éternelle, participation de la vie du Fils de Dieu lui-même. Les parents sont les premiers responsables de la catéchèse de leurs enfants et ils doivent, dès leurs premières années, apprendre à leurs enfants les rudiments de la Foi, les exercer à la prière, et veiller à leur vie chrétienne. Ils auront besoin de catéchistes et d'instructeurs religieux choisis par eux pour poursuivre la formation de leurs enfants jusqu'à leur vie d'adultes. Après les temps de préparation aux sacrements, l'adolescence sera un temps particulièrement important pour le mûrissement des âmes de leurs fils et de leurs filles ». Vous souffrez de ce que votre première responsabilité de l’éducation chrétienne de vos enfants ne soit pas respectée comme vous le voulez. Votre vertu théologale d’espérance vous donnera la force avec le don de force du Saint-Esprit pour tenir bon. Dieu vous appelle à éduquer vos enfants en vue de la sainteté. Ils vous remercieront éternellement au Ciel !

Dans l'éducation des cœurs, l'éducation à la pureté est très importante. Elle l'est de plus en plus dans une civilisation qui favorise la liberté mais aussi toute licence. Les parents s'efforceront de se rendre capables, par leur propre vie de pureté et chasteté conjugale et par leur action éducative, de former avec délicatesse, prudence et constance leurs enfants au fur et à mesure de leurs besoins, selon leur âge, de telle sorte qu'ils acquièrent comme un instinct de pureté et de la délicatesse de conscience. Le père ou la mère ou, mieux encore, les deux devront faciliter l'ouverture confiante de leurs enfants. Cela leur permettra de les éclairer et de les aider efficacement dans leurs difficultés et le combat de la pureté qu'ils doivent apprendre à mener ». Nous savons quels sont vos tourments et vos angoisses en ce temps où, selon les mots de Mère Marie-Augusta, nous devons vivre le combat olympique de la pureté. Confiez bien vos enfants au Cœur Immaculé de Marie, Notre-Dame des Neiges. Soyez bien unis, dans votre rien l’un sans l’autre, pour mener ce combat olympique de la pureté. Ne vous découragez jamais. Ste Monique a beaucoup pleuré mais elle a obtenu la conversion de son fils pécheur, Augustin. Il est devenu le grand Saint Augustin, le docteur de l’Amour.

II) N’ayons pas peur et imitons les grands éducateurs catholiques qui ont obéi à Dieu.

Sur le Site Aleteia, nous trouvons ce recensement non exhaustif de 10 grands éducateurs catholiques canonisés : ST JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE (1651-1719) qui fonda de nombreuses écoles chrétiennes, ainsi que la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes, vouée à la formation et à l’enseignement des jeunes, notamment des plus démunis. À son époque, il fut innovateur dans le domaine de la pédagogie, en donnant une importance à chaque aspect de l’éducation, à la fois chrétienne, intellectuelle et pratique.

SAINTE ELIZABETH ANN SETON (1774-1821) qui était américaine, originaire d’une famille épiscopalienne, mère de cinq enfants. Quand elle fut veuve, à l’âge de 29 ans, elle se convertit au catholicisme. Elle fonde la première congrégation religieuse féminine et les premières écoles catholiques des États-Unis.

SAINT ALBERT LE GRAND (1200-1280) qui était un frère dominicain allemand, philosophe, scientifique et évêque. Homme de grande culture, il a écrit de nombreuses œuvres, et a enseigné dans beaucoup d’universités. Il eut pour élève le jeune Thomas d’Aquin.

SAINTE CATHERINE DREXEL, brillante éducatrice américaine, (1858-1955), qui a utilisé la richesse de sa famille pour fonder de nombreuses écoles aux États-Unis, s’intéressant particulièrement au bien-être matériel et spirituel des Noirs américains et des Amérindiens.

SAINT ALPHONSE DE LIGUORI, Fondateur de la congrégation des Rédemptoristes, (1696-1787) qui eut une vie intense de prédicateur, parcourant l’Italie entière pour prêcher l’Évangile, notamment aux paysans des zones rurales. Il aimait enseigner la foi en utilisant des méthodes innovantes, en utilisant la musique.

SAINTE ANGÈLE MERICI, Fondatrice de la communauté religieuse des Ursulines en Italie, (1474-1540), qui a passé la majeure partie de sa vie à enseigner. Elle a également fondé un programme de formation pour enseignantes, afin que d’autres religieuses puissent se joindre à son travail. Elle demandait à ses filles spirituelles de porter toutes les filles dont elles avaient la charge dans leur cœur.

SAINT JEAN BOSCO(1815-1888) est l’un des grands noms de l’éducation catholique, car sa vie entière a été consacrée à l’éducation des jeunes garçons issus de milieux défavorisés. Au cours de sa vie, il a fondé de nombreuses écoles catholiques, dans la région nord de l’Italie, à une époque profondément anticléricale.  

SAINT LOUIS DE GONZAGUE (1568-1591), jeune italien, qui aimait enseigner la foi chrétienne aux pauvres. Il entre dans la Compagnie de Jésus, en renonçant à ses titres et à sa richesse, et très vite, il se distingue par sa foi et sa ferveur. Il meurt très jeune, à l’âge de 23 ans, après avoir porté un pestiféré sur ses épaules, pour l’emmener à l’hôpital.

SAINT JEAN DE KENTY, Prêtre, théologien et professeur d’Écriture Sainte à l’Université de Cracovie, (1390-1473) qui a consacré sa vie à l’éducation et aux actes de charité. Il fut recteur d’une école, puis directeur du département de théologie à l’Université de Cracovie. Il se fit remarquer notamment pour sa compassion et sa générosité envers les étudiants les plus pauvres.

SAINT JOSEPH CALASANZ (1557-1648), espagnol, qui a été un éducateur dévoué et le fondateur des Piaristes, une congrégation religieuse destinée à l’éducation. Au cours de sa vie, il rassembla de nombreux enfants pauvres et errants de Rome pour leur donner une instruction.

Cette liste donnée par Aleteia peut s’allonger beaucoup … N’oublions pas, en notre temps, la grande Œuvre inspirée par Jésus et dont le Fondement est Marthe Robin dont les diverses écoles pour filles et garçons à Châteauneuf-de-Galaure, qui ont donné une vraie éducation catholique à de nombreux jeunes. N’oublions pas Ste Marie Rivier qui a fondé les sœurs de la Présentation. Elle a tout fait, dit-elle, à coups de chapelet.

III) Vatican II a donné une importante déclaration sur l’éducation chrétienne, « gravissimum educationis »

Citons cet extrait :

« La présence de l’Église dans le domaine scolaire se manifeste à un titre particulier par l’école catholique. Tout autant que les autres écoles, celle-ci poursuit des fins culturelles et la formation humaine des jeunes. Ce qui lui appartient en propre, c’est de créer pour la communauté scolaire une atmosphère animée d’un esprit évangélique de liberté et de charité, d’aider les adolescents à développer leur personnalité en faisant en même temps croître cette créature nouvelle qu’ils sont devenus par le baptême, et finalement d’ordonner toute la culture humaine à l’annonce du salut de telle sorte que la connaissance graduelle que les élèves acquièrent du monde, de la vie et de l’homme, soit illuminée par la foi. C’est ainsi que l’école catholique, en s’ouvrant comme il convient au progrès du monde moderne, forme les élèves à travailler efficacement au bien de la cité terrestre. En même temps, elle les prépare à travailler à l’extension du Royaume de Dieu de sorte qu’en s’exerçant à une vie exemplaire et apostolique, ils deviennent comme un ferment de salut pour l’humanité. L’école catholique revêt une importance considérable dans les circonstances où nous sommes, puisqu’elle peut être tellement utile à l’accomplissement de la mission du Peuple de Dieu et servir au dialogue entre l’Église et la communauté des hommes, à l’avantage de l’une et de l’autre. Aussi, le Concile proclame-t-il à nouveau le droit de l’Église, déjà affirmé dans maint document du Magistère, de fonder et de diriger des écoles de tous ordres et de tous degrés. Il rappelle que l’exercice de ce droit importe au premier chef à la liberté de conscience, à la garantie des droits des parents ainsi qu’au progrès de la culture elle-même.

Mais que les maîtres ne l’oublient pas : c’est d’eux avant tout qu’il dépend que l’école catholique soit en mesure de réaliser ses buts et ses desseins [27]. Qu’on les prépare donc avec une sollicitude toute particulière à acquérir les connaissances tant profanes que religieuses qui soient sanctionnées par des diplômes appropriés ainsi qu’un savoir-faire pédagogique en accord avec les découvertes modernes. Que la charité les unisse entre eux et avec leurs élèves, qu’ils soient tout pénétrés d’esprit apostolique pour rendre témoignage, par leur vie autant que par leur enseignement, au Maître unique, le Christ. Qu’ils travaillent en collaboration, surtout avec les parents ; qu’en union avec ceux-ci, ils sachent tenir compte dans toute l’éducation de la différence des sexes et de la vocation particulière attribuée à l’homme et à la femme, par la Providence divine, dans la famille et la société. Qu’ils s’appliquent à éveiller l’agir personnel des élèves et, après que ceux-ci auront terminé leurs études, qu’ils continuent à rester proches d’eux par leurs conseils et leur amitié, ainsi que par des associations spécialisées, toutes pénétrées du véritable esprit de l’Église. La fonction enseignante ainsi conçue, le Concile le déclare, est un apostolat au sens propre du mot, tout à fait adapté en même temps que nécessaire à notre époque ; c’est aussi un authentique service rendu à la société. Le Concile rappelle aux parents catholiques le devoir de confier leurs enfants, où et quand ils le peuvent, à des écoles catholiques, le devoir de soutenir celles-ci selon leurs ressources et de collaborer avec elles pour le bien de leurs enfants ».

N’ayez pas peur de citer ce texte de Vatican II et de faire valoir auprès des autorités de l’Eglise et des écoles dites catholiques vos droits en tant que premiers responsables de l’éducation chrétienne et humaine de vos enfants.

IV) L'éducation dans l’esprit de notre Père Fondateur et de Mère Marie-Augusta

Mère Marie-Augusta disait à ses enfants spirituels :

« Nous avons à souffrir par nature : elle réclame sans cesse ses droits. Faisons bien la sourde oreille. Cela suppose une force d'âme voisine de la toute-puissance que l'homme ne possède pas... Et cependant il faut apporter à ceux qui attendent de nous cette force d'âme riche du Sang divin et mettre courageusement la main à l'œuvre régénératrice. Baignons-nous dans le Sang divin et apprenons la science si difficile de nous immoler et jusqu'au martyre s'il nous est demandé. Suscitons-en le désir chez les autres. Réchauffons le cœur des autres et amenons-les à Jésus ».

Notre Fondateur commentait ainsi ces conseils éclairés de Mère Marie-Augusta au début de notre Fondation :

«Dans "Vers le Roi d'Amour" du Père Mateo (qui a été, au début du vingtième siècle le grand apôtre du Sacré Cœur en vue de l’intronisation de sa statue ou de son icône dans les familles), nous li­­sons une affirmation remarquable sur les apôtres et l'apostolat : "Savez-vous ce que demande, en ce moment de crise, la so­cié­té civile, ce que l'Église réclame à grands cris ? - Des apô­tres d'amour, des semeurs de flamme, tant parmi les prêtres que parmi les laïcs. N'en doutez pas ! Si cent mécréants suffisent pour perver­tir une population entière, il suffit d'un apôtre véritable, d'un seul, pour sauver du naufrage une centaine de populations. Cependant cela suppose une force d'âme, qui n'est point, hélas ! la vertu dominante de notre époque, pauvre de sang di­vin... Cela suppose une force voisine de la toute-puissance, que l'homme ne possède pas... Allez donc vous baigner dans le sang de l'Agneau et vous apprendrez la science si difficile de vous immoler, si le Seigneur vous le demande, jusqu'au martyre... Puis mettez courageusement la main à l'œuvre régé­né­ratrice." « Cette affirmation du Père Mateo est remarquable, disait notre Fondateur ; on pour­rait la penser exagérée et cependant, sans connaître, comme Dieu seul les connaît, les fruits de la vie d'âmes très unies au Rédemp­teur, on peut évoquer certains apôtres qui ont eu et ont encore une immense fécondité spirituelle. Pensons en particulier aux grands fondateurs d'Ordres religieux, comme saint Benoît, com­me saint François, qui a soutenu l'Église me­­­­na­­­cée d'effondrement, comme saint Ignace qui envoyait saint François-Xavier jusqu'à l'extrémité de l'Asie, pensons aussi à la mission de cette petite carmélite, Thérèse de l'Enfant-Jésus, déclarée seconde patronne des Missions et docteur de l'Égli­se, en étant seulement restée cloî­trée pendant neuf ans ! De tels apôtres de l'Amour, dans leur identification de cœur avec Jésus, et par Jésus, contri­buent à apporter, d'âge en âge, un renouveau spirituel au monde qui a toujours tendance à s'enfoncer dans l'erreur, l'indifférence ou le péché ».

 « Le Père Mateo a été bien inspiré, disait encore notre Fondateur de proclamer cette fécon­dité merveilleuse des authentiques apôtres de l'Amour. Mère Marie-Augusta vibrait profondément à ces appels du Cœur de Jésus et désirait de tout son cœur être de ces apôtres de l'Amour, "des semeurs de flamme", contribuant à sauver le monde du naufrage. Elle demandait à Jésus toute "la science si difficile de s'immoler jusqu'au martyre".

Mais comment apprendre cette science ? Comment être formé ? D'abord, en vivant cette spiritualité évangélique mi­se en relief providentiellement par la "petite" Thérèse : se jeter dans la confiance comme un bébé trébuchant vient se blottir dans les bras de sa maman ! Et, dans cette humilité fonda­men­­tale, exercer avec "patience, persévérance, confian­ce", la dou­ceur, l'obéissance absolue, l'«ecce ad omnia» = me voici pour tout, malgré les mortifications que cela de­mande à la nature, qui réclame sans cesse ses soi-disant droits. Jésus ne veut pas refuser ces grâ­ces d'imitation de ce qu'Il est et de ce qu'Il a vécu le premier et d'une façon parfaite, divine. Nous ne pouvons pas préten­dre nous-mêmes à la même perfection. Cependant, c'est cer­­tai­nement un grand désir de Jésus que nous ouvrions nos cœurs de telle sorte que nous puissions puiser dans le sang divin, "nous baigner dans le sang de l'Agneau", sans avoir peur de la Croix sur laquelle Jésus prêche, rachète les âmes, les sanctifie, les fortifie, les rend profondément fidèles.

Mère Marie-Augusta avait un grand besoin de toutes ces grâ­ces dans son rôle de formatrice d'apôtres de l'Amour. Il fallait qu'elle apporte à ses filles, à ses fils plus tard, à bien d'au­tres âmes, cette force d'âme riche du sang divin. Car le désir de Jésus est bien clair et évident : que nous contribuions à l'œuvre régénératrice dont le monde actuel a particuliè­rement besoin. Il fallait qu'elle entraîne à sa suite, qu'elle sus­ci­­te de grands désirs chez les autres, de grandes disponi­bili­tés, même au martyre, mais cela ne veut pas dire que nous devions demander telle ou telle souffrance précise. Nous ne savons ni ce que Jésus désire exactement de nous, ni ce dont nous sommes capables, même avec de l'amour, ni ce qui nous dépasse, tandis qu'il s'agit, par-dessus tout, d'être très disponibles et toujours prêts à dire «oui» à Jésus dans l'«Ecce».

Jésus donnait de grands désirs à Mère Marie-Augusta et c'était, de la part du Sauveur, la preuve qu'Il l'aimait vrai­ment d'un amour de prédilection, comme une "prediletta" = privilégiée, élue et choyée car elle devait réchauffer bien des cœurs et les amener à son Cœur… Et elle voulait alors, avec un redoublement d'éner­gie pui­sée dans l'amour de son Bien-Aimé, L'aimer, Le faire aimer, former à l'Amour, préparer pour l'apostolat sur la terre et pour, ensuite, le peuplement du Ciel, de vrais amou­reux, de vraies amoureuses de Jésus. Cet amour de Jésus la tournait donc aussi vers les autres. Elle désirait tant aimer toutes les âmes et leur découvrir l'amour du Rédempteur. Notre-Seigneur nous demande telle­ment de Le voir Lui-même dans le prochain, de L'aimer dans le prochain - "C'est à Moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 40) - qu'il faudrait en quelque sorte aimer les enfants de Dieu, nos frères humains, autant que nous aimons Jésus. D'ailleurs en aimant nos frères, nous aimons Jésus… Jésus voulait, c'est certain, qu'elle soit "mère", qu'elle en­fante des âmes, qu'elle les fasse grandir dans l'amour de Jésus, qu'elle les entraîne par son propre amour de Jésus à un amour semblable au sien. Et, comme Jésus l'a dit dans l'Évangile aux bons servi­teurs, leur service de Jésus ne cessera pas à leur mort terres­tre. Ils entreront alors dans le Royaume éternel pour continuer parfaitement à servir les âmes qui seront encore sur la voie du Ciel. Elle devra toujours aider ses fils et ses filles à se dé­ve­lopper pour que, quand il n'y aura plus besoin, dans la vision de Dieu, de Foi ni d'Espérance, ils vivent éternellement dans l'Amour. Jésus l'a affirmé : "Le Seigneur lui dit : «Bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de choses, je t'éta­­blirai sur beaucoup, entre dans la joie de ton Seigneur»" (Mt 25, 21 et 23) ». Ce long témoignage devrait vous aider à mieux comprendre ce qu’est le réalisme de l’espérance et ce qu’est la force d’âme enrichie du Sang divin qui est bien nécessaire aux éducateurs et, particulièrement, à vous, bien chers parents. Nous prions Jésus, Marie et Joseph afin qu’ils vous obtiennent cette force d’âme dont vous avez besoin pour l’éducation de vos enfants. N’ayez pas peur ! Vous la recevrez cette force d’âme si vous la demandez avec persévérance. Dieu ne peut pas vous la refuser.

V) La vertu théologale d’espérance et l’exercice des vertus morales.

La vertu théologale d’espérance nous donne la ferme confiance que Jésus nous donnera et donnera à vos enfants les grâces en ce monde et le bonheur éternel dans l’autre. Mais cette vertu théologale ne dispense personne d’exercer les vertus morales que tout être humain doit exercer et dont nous reparlerons l’année prochaine. S’il faut du temps pour développer les muscles du corps, il en faut encore plus pour développer les muscles de l’âme que sont les vertus ! Notre Fondateur n’a jamais cessé de rappeler aux éducateurs qu’ils devaient développer 3 vertus importantes pour leur belle mais difficile mission : « Patience, persévérance et confiance ». Il faut beaucoup de patience, en effet, pour répéter sans se lasser à son enfant : « Tiens-toi bien, sois prudent…. ». Il faut beaucoup de persévérance pour ne jamais baisser les bras. Il faut enfin une grande confiance en la grâce de Jésus : on ne doit jamais désespérer de la grâce !

Comprenons mieux ce que peut devenir un enfant qui n’a pas été éduqué aux vertus : il peut être semblable à Marie Magdeleine, la grande pécheresse ou à Charles de Foucauld, qui n’était ni tempérant, ni fort, ni juste, ni prudent. Beaucoup de jeunes délinquants d’aujourd’hui ne le seraient probablement pas, s’ils avaient été aimés par un papa et une maman et éduqués aux vertus dans l’Amour de Dieu. Comprenez la priorité de cette éducation pour vos familles mais aussi pour la France, pour le monde, pour l’Eglise. Notre Fondateur a compris cette priorité, c’est une des raisons pour laquelle il a fondé notre Famille Missionnaire dont le charisme est l’éducation spirituelle des cœurs à la ressemblance des Cœurs de Jésus et de Marie. L’éducation est un divin métier, une mission divine. Nous espérons que cette récollection vous aidera dans votre vie conjugale, votre mission de parents chrétiens et votre participation à la vie et à la mission de l’Eglise.

Un de nos Foyers amis, disait dans un témoignage à Sens pour une Session :

« les saints sont également de grands éducateurs, pas nécessairement comme professeurs, mais plutôt comme des compagnons de route. Nous avons souvent profité de leurs vertus pour donner une ligne directrice à nos enfants : les saints comme modèle: d’abord par la connaissance de leur saint patron, pour leur permette une intimité spirituelle avec eux et savoir que quelqu’un qui leur ressemble a pu être un grand ami de Jésus.  Ensuite par la découverte de quelques saints privilégiés. Pour cela les histoires de saints sont très utiles et peuvent être utilisées fréquemment. Notre ainée a été touchée très jeune par la vénérable Anne de Guigné, qui a beaucoup souffert corporellement, après avoir souffert spirituellement de la mort de son papa. Pour ses 4 ans, notre fille avait demandé comme cadeau d’anniversaire, de pouvoir se rendre à la maison d’Anne de Guigné. Les saints comme intercesseurs à qui l'on peut demander des choses très concrètes : nous sommes témoins de tant de maisons de familles trouvées par l'intercession de St Joseph. Depuis plusieurs années, notre fils pense à faire une carrière militaire. La récente canonisation de Charles de Foucault, militaire célèbre, a été l’occasion d’une neuvaine familiale pour que notre fils puisse être un militaire selon le cœur de Dieu. Autre petite anecdote: Nous avons à la maison un vieux livre d’histoire de saints écrit au XIXe siècle, avec un saint par page et par jour, illustré par une gravure. Il nous arrive de lire l’histoire du saint à l’issue du chapelet familial. Il est amusant de constater que chacun souhaite avoir la chance de lire à haute voix. Dans ce livre chaque martyre est très détaillé avec des détails difficiles à entendre. Très souvent le saint ou la sainte finit décapité, écartelé ou ébouillanté... mais cela n'a pas découragé la famille. Les saints semblent nous dire qu'il n'est pas simple de suivre Jésus mais nous donnent la preuve que ce n'est pas impossible. Comment est-ce que j'aurais réagi à sa place? Tous ces saints nous donnent l'assurance que le Christ est vainqueur au delà de la mort et que si nous sommes fidèles dans les petites choses, nous pourrons l'être dans les grandes. Là est donc notre espérance qui nous fait regarder les épreuves en les mettant en balance avec l'espérance du Ciel. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger (Mat11). Avec les saints, nous savons que Jésus porte les douleurs avec nous et tout paraît alors plus simple. Dernier point concernant les saints et les tempêtes, le Seigneur nous demande dans l’Evangile d’aller au large pour jeter les filets, même si nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre. C’est au large qu’il y a les tempêtes les plus vigoureuses, beaucoup plus vigoureuses que si nous restons tranquillement à l’abri au port. Mais c’est aussi parce que les apôtres sont allés au large que la pêche fut miraculeuse. Ceux que nous devons aimer, comme étant à l’image et ressemblance de Dieu, ce sont d’abord nos proches. Satan peut nous tenter de différentes manières contre eux. Souvenons-nous de la parabole de la paille et de la poutre. Le péché a encore, hélas, bien de l’emprise sur chacun de nous. Aussi, avant de regarder la dissemblance, discernons toujours la ressemblance. Baden Powel pensait qu’il y avait toujours au moins 5% de bon en tout être humain ; ces 5%, il fallait les développer. Regardons toujours « ce bon » qui est en nos proches, ne nous décourageons jamais et aimons-les comme Dieu les aime : dans l’Amour de charité, dans la vérité ».

Oui, Baden Powel avait bien raison : sachons voir en tel ou tel enfant très difficile les 5% de bon que Dieu vous appelle à faire développer dans l’âme de votre enfant. Le réalisme de l’espérance doit vous aider et la force de la vertu théologale d’espérance vous donnera la confiance que jamais rien n’est perdu dans l’éducation de tel ou tel enfant. Voyez Léonie dans la famille Martin. Elle sera bientôt béatifiée !!!

En tant qu’éducateurs, travaillez à faire grandir « la ressemblance » à Dieu dans l’âme de vos enfants. Saint Bernard disait à la suite des Pères de l’Eglise que, par le péché, l’homme et la femme avaient perdu la ressemblance avec Dieu et étaient entrés dans le règne de la « dissemblance ». L’éducation du cœur consiste donc à faire passer de cette « dissemblance » à la « ressemblance ». Cette mission ne serait-elle pas une mission impossible ? Si nous étions laissés à nos seules et pauvres forces humaines, ce serait, c’est évident, une mission impossible. Mais la vertu théologale de l’espérance a été infusée en notre âme au jour de notre baptême. L’Esprit-Saint nous a enrichis de ses 7 dons. Vous avez donc les grâces d’état pour aider vos enfants, en exerçant la patience, la persévérance et la confiance, du règne de la dissemblance à la ressemblance avec Dieu.

Concluons...

...par le témoignage de St Jean-Paul II, le 8 octobre 1994, lors de la première journée mondiale des familles à Rome

« Famille, que dis-tu de toi-même ? Voici la réponse : “Je suis”, dit la famille. “Pourquoi es-tu?”: Je suis parce que Celui qui a dit de Lui-même : « Seul, Je suis celui que Je suis » m’a donné le droit et la force d’être. Je suis, je suis famille, je suis le milieu de l’amour ; je suis le milieu de la vie ; je suis. Que dis-tu de toi-même ? Que dis-tu sur toi-même ? Je suis “gaudium et spes”! »

St Jean-Paul II avait avoué que la moitié de son discours avait été improvisé, dit par le cœur et recherché depuis plusieurs jours dans la prière. Ce texte, très peu connu, n’est pas traduit en français sur le Site du Vatican, il n’est qu’en italien, il doit être pris au sérieux, il a été inspiré du Saint-Esprit au Pape de Gaudium et Spes : Saint Jean-Paul II ! Au terme de cette récollection sur la vertu théologale d’espérance, soyez convaincus, vous aussi, par ces paroles inspirées de St Jean-Paul II. La Famille est bien Gaudium et Spes ! Soyez les témoins de la famille Gaudium et Spes et éduquez vos enfants à développer leur vertu théologale d’espérance, qui leur permettra de s’abreuver à l’unique source éternelle de la joie et de l’espérance : Jésus. Citons à nouveau ce que St Paul VI disait dans sa lettre apostolique sur la joie : «Nous  vous  invitons  à  implorer  de  l’Esprit Saint  le don de la joie... C’est pour nous une  exigence d’amour que vous inviter à partager cette joie surabondante qui est un don de l’Esprit Saint... C’est une sorte d’hymne à la joie divine que nous voudrions entonner afin qu’il éveille un  écho dans  le monde entier, et d’abord dans l’Église : que la joie soit répandue dans les cœurs avec l’amour dont elle est le fruit, par l’Esprit Saint qui nous a été donné »

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