Se laisser instruire par Marie
Homélie du Cardinal Robert Sarah, le 8 septembre 2019, au Sanctuaire de Notre Dame du Roncier Josselin
Bien chers frères et sœurs en Jésus-Christ [...]. Le fiat de la Très Sainte Vierge Marie, c'est-à-dire son « oui » à la fois humble et sans condition, son consentement total et filial à notre Père du Ciel, est tout entier présent dans cette réponse à la fois sublime et surprenante : « Voici la Servante du Seigneur, que tout m'advienne selon ta parole. » Cet acquiescement total à la volonté de Dieu va faire d'une jeune fille de Nazareth la Mère de Jésus-Christ, et donc la Mère de Dieu, la Theotokos.
Nous savons que les moines des Églises orientales, orthodoxes ou catholiques, vénèrent l'icône de la Mère de Dieu qui, dans le geste de l’orante, porte en médaillon l'Enfant Jésus. Le jour de l'Annonciation, la Vierge Marie est appelée à donner la réponse qui va changer radicalement et de fond en comble le cours de l'histoire humaine, d'où la demande pressante si connue de saint Bernard de Clairvaux s'adressant à la Vierge Marie en ces termes : " Vierge, elle t'est offerte la rançon de notre salut. Consens et aussitôt nous serons libres. Cette réponse, le monde entier l'attend, prosternée à tes genoux. Ne tarde plus, Vierge Marie, vite, réponds à l'ange, ou plutôt, par l'ange, réponds au Seigneur. Réponds une parole et accueille la parole. Prononce la tienne et conçoit celle de Dieu. Profère une parole passagère et étreins la parole éternelle. " [...]
Nous avons été voulus par Dieu. Pourquoi sommes-nous si ingrats pour lui dire : « Nous t'aimons, nous aussi » ? Pourquoi sommes-nous si indifférents à la question de Dieu, à la question de la religion ? Pourquoi la fille aînée qu’est l'Église de France ne rayonne-t-elle pas davantage de la lumière de l'Évangile ?
Oui, avant que n'existe la terre, avant que n'existe le ciel, Dieu nous a connus et aimés. Toute l'œuvre de la Rédemption que Jésus allait entreprendre avec ce grand dessein final : introduire des hommes sauvés et parfaits dans son propre bonheur, à la gloire de Dieu le Père. Oui, nous sommes destinés à connaître la gloire éternelle. Nous sommes destinés à vivre avec Dieu. Je fus enfanté avant la création du monde.
La sagesse éternelle, déjà aux côtés de Dieu lors de la création du monde, s'est incarnée dans le sein de la Vierge Marie. Le Verbe de Dieu, Jésus-Christ, s'est fait parole humaine. C'est le mystère de l'Incarnation que nous avons transformé en une fête folklorique, en une fête de cadeaux, alors que Dieu vient présenter son amour pour nous, à chacun de nous. [...]
Nous sommes venus ici pour apprendre de notre Mère à dire « oui » à la volonté de Dieu. L'unique projet qui nous a conduits ici, c'est de se laisser instruire par Marie. Pour cela, nous devons mieux connaître la Vierge Marie, notre Mère. Modèle authentique, idéal, sublime, non seulement de l'humanité rachetée par les mérites du Christ, mais de l'humanité pérégrinant dans la foi. Nous sommes venus ici pour demander à Marie d'éduquer notre foi, de consolider notre foi. Par son attitude filiale et toute docile à Dieu, la Vierge Marie rappelle à chacun d'entre nous la grave responsabilité d'accueillir le projet de Dieu dans notre vie.
En obéissant sans réserve à la volonté salvifique de Dieu, manifestée par la parole de l'ange Gabriel, elle est devenue un modèle pour ceux que le Seigneur proclame heureux parce qu'ils écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. Comme le dit saint Luc dans son Évangile.
Ainsi, en réponse à la femme qui, dans la foule, proclame sa mère bienheureuse, Jésus a montré le vrai motif de la bonté de Marie. C'est l'adhésion totale à la sainte volonté de Dieu qui l'a conduite à l'acceptation de la maternité divine. En effet, le mystère de l'Incarnation qui se réalise au moment du fiat adressé par la Vierge Marie à l'ange Gabriel est l'écho dans le temps de notre fiat, de notre vie fondamentale, essentielle, décisive, prononcée de toute éternité, au-delà du temps et de l'espace, par le Fils unique de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, à son Père bien-aimé. Ces deux textes se font écho l'un à l'autre.
Ainsi, en entrant dans le monde, le Christ dit : « Tu n'as voulu ni sacrifice, ni oblation, tu n'as voulu ni holocauste, ni sacrifice, mais tu m'as formé un corps. Alors j'ai dit, me voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre pour faire au Dieu ta volonté. » Jésus explique le sens de ce « oui » sans condition en affirmant qu'accomplir la volonté de son Père constitue sa nourriture. [...]
En ces temps de grande tribulation pour votre pays, la France, la fille aînée de l'Église, de sa paix civile, remise en question de la dignité de la personne humaine, que la Vierge Marie obtienne à nos gouvernants et à nos concitoyens de comprendre qu'il ne saurait y avoir de paix sociale sans l'humble acceptation de la vérité sur l'homme et de la vérité sur Dieu. De la vérité sur l'homme, chef-d'œuvre, sorti des mains de Dieu, sans le respect inconditionnel de la vie et de la famille telles que Dieu les a voulues. Sans la conscience, enfin, que le monde est un don de Dieu, un don à partager.
À l'écoute de la Vierge Marie, puissions-nous comprendre que la grandeur de l'homme est dans sa réponse libre à tout appel de Dieu.
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La phrase :
« D’un point de vue purement humain et théologique, il est impossible qu’au Concile, deux mille évêques et des papes aient commis des erreurs dogmatiques ou dévié de la tradition apostolique, à l’exception d’un seul évêque, lequel aurait été alors chargé d’assurer, par des consécrations épiscopales illégales, la continuité de l’Église promise par Jésus à l’apôtre Pierre. »
Cardinal Muller
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