Vénérable Père Marcel de Notre-Dame du Mont Carmel
Les fils de Marie ne peuvent périr (2/2)
En 1916, Boldizsár Marton, enseignant célibataire, se porte volontaire pour remplacer un père de famille au combat, non par charité, mais parce qu’ayant mis Dieu de côté, sa conscience le tourmente et il pense aller mieux en vivant cette aventure ! Ses élèves, qui l’adoraient, versent bien des larmes. L’un d’eux lui glisse dans la main une médaille de Notre-Dame en le suppliant : « Gardez-la bien sur vous ! »
Envoyé dans les Balkans, il est maintes fois soumis à des dangers mortels : serpents, scorpions, malaria, combats corps à corps, incendie du bateau, missions périlleuses… Chaque fois il échappe à la mort par un secours inattendu. En tout il met sa confiance en Celle qui est sur sa médaille, sans oser encore prononcer son nom.
Hélas, de retour en Hongrie, il reprend sa vie d’enseignant et de conférencier suffisant et ambitieux, passionné de littérature et danseur acharné. Un jour, la fille de sa logeuse insiste pour qu’il lise l’autobiographie de la petite Thérèse. Boldizsar méprisait tout écrit féminin. Il part en colère, mais de retour chez lui le soir, son premier regard est pour le livre posé sur son bureau et dès qu’il l’ouvre, il ne peut le fermer avant de l’avoir fini. La Vierge Marie ouvre ainsi son âme par petites touches : un spectacle sur la Passion du Christ, la sainte mort de son père, une soif d’adoration, la fin subite de sa passion pour la littérature puis pour la danse, le grand saut de la confession… « Marie était désormais pour toujours la constellation dominante dans le ciel de mon âme. Pour celui qui une fois a trouvé la Sainte Vierge, Jésus devient son tout. Elle me rendait entièrement sien pour toujours. »
Sans tarder il fait une retraite et entend l’appel à entrer au Carmel. Au fil des mois, la Vierge Marie le fait passer des joies sensibles aux joies spirituelles bien plus réelles, profondes et durables. Mais voilà que le Père Maître des novices du Carmel de Györ lui dit : « Cher Monsieur le Professeur, retournez chez vous. Dans le monde vous pourrez convertir des gens. Vous n’avez pas la vocation. » C’est pour Boldizsar comme si le monde s’écroulait. Mais pendant la nuit, il entend la Vierge Marie lui dire avec force : « Ne perds pas courage ! » Le lendemain il revient déterminé au Carmel :
« - Vous n’avez pas raison, mon Père, j’ai bien la vocation !
- Bien sûr que vous l’avez, mon fils, puisqu’après tout ce que je vous ai dit hier, vous êtes revenu. C’est bien là le signe le plus sûr ! »
Il mena dès lors une vie de carme féconde et édifiante pendant quarante-et-un ans et fut déclaré vénérable en 2013. Il s’était souvent demandé pourquoi la tendresse constante de la Sainte Vierge à son égard, alors qu’il l’avait si peu méritée. Peu avant son entrée au Carmel, il trouva la réponse dans son grenier, où il retrouva son livre de prières de collégien : il avait écrit alors en haut de la première page « Filius Mariae non peribit » et sur toutes les autres pages : F.M.N.P. Oui, le Père Marcel est bien la preuve que « le fils de Marie ne périra pas ».


