Synodalité : Mgr Randazzo met les points sur les "i"
Le dernier rapport publié suite au Synode sur la synodalité propose rien de moins que de modifier trente-quatre articles du Code de droit canonique pour l’adapter à la nouvelle Église « synodale ». Le résultat, d’après Pius Pietrzyk, dominicain et juge ecclésiastique, c’est de faire de l’Église « une communauté protestante, mais avec un Pape », en séparant le pouvoir de gouvernement de l’ordre sacré. Un autre canoniste, de New York, le père Gerald Murray, évoque « une rupture radicale avec la doctrine catholique ». Le rapport n’est certes pas contraignant, tant qu’il n’est pas approuvé et promulgué par le Pape. Mais il manifeste que certains veulent réinventer l’Église selon l’esprit et les modes du temps. À cet égard, les paroles du préfet du Dicastère pour les textes législatifs, récemment nommé, sont plutôt rassurantes. Mgr Randazzo rappelle ainsi que, face aux problèmes de notre époque, Jésus-Christ demeure le chemin, la vérité et la vie. « Lui seul est notre point de référence immuable. »
D’autre part, il envisage sa mission à l’aune de celle de l’Église et à la lumière de l’Écriture et de la Tradition vivante : « Je ne crois pas pouvoir aborder le droit canonique sans m’être d’abord nourri de l’Évangile, car la loi est toujours au service de l’Évangile. Notre vocation de canonistes ne consiste pas simplement à interpréter la législation », mais « à veiller à ce que la vie juridique de l’Église soit toujours au service de sa mission évangélique. » La loi est donc au service de la Révélation et de la communion dans la foi apostolique.
Quant à la fameuse synodalité, l’évêque australien, loin d’y voir une révolution, décèle sous la nouveauté des mots une réalité déjà présente dans la vie de l’Église et dans la tradition canonique, à savoir celle de la communion, de la participation des fidèles à la mission de l’Église, et de l’accompagnement des personnes. À ceux qui ne l’auraient pas compris, Mgr Randazzo redit avec une clarté réjouissante : « En tant que préfet du Dicastère pour les textes législatifs, j’ai l’intention de garder le calme, d’écouter attentivement les besoins de l’Église dans son dialogue avec le monde, et d’encourager tous les fidèles à rester fermes dans le Christ, fidèles à la profession de notre foi, et unis dans l’Église une, sainte, catholique et apostolique. […] j’espère que chaque décision, chaque interprétation et chaque initiative prises par le Dicastère à l’appui de l’autorité législative du Saint-Père seront guidées par le principe sur lequel se termine le Code de droit canonique lui-même : “le salut des âmes doit être la loi suprême dans l’Église” (CIC c. 1752). » Reçu 5/5, Excellence !

