In Altum

Notre-Dame des Neiges, formez nos cœurs à votre image

Saint Raphaël Arnaiz Baron (2/2)

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 149)

(Voir la première partie de cet article)

À la Trappe, la maladie l'empêche de suivre la règle et les usages de l'Ordre cistercien de la stricte observance : Frère Maria-Raphaël est désormais accueilli comme oblat régulier et est logé à l'infirmerie. De ce fait, il ne sera pas autorisé à faire profession religieuse. Raphaël accepte tout et se laisse dépouiller : 

« Je ne suis pas religieux... je ne suis pas laïc… , je ne suis rien. Dieu soit béni : je ne suis plus qu'une âme amoureuse du Christ. Il ne veut rien d'autre que mon amour, et Il le veut dépouillé de tout et de tous. » (p. 345)

Frère Maria-Raphaël garde toujours son doux sourire, mais il souffre. Il n’est pas toujours compris : certains religieux sont scandalisés par ses dérogations à la Règle. À l’infirmerie, alors que son alimentation anormale suscite les murmures, Raphaël lui-même avoue que l'infirmier ne lui donne pas assez à manger. Le mystère de la Croix envahit progressivement son âme : 

« Cela fait très peu de temps que je connais la douceur des chemins du Christ, mais c’est dans la Croix que j'ai trouvé le réconfort ; c’est dans la Croix que j'ai appris le peu que je sais ; (.…) Seigneur, c’est uniquement en voyant la Divine École de ta Croix, en Te voyant sur le Calvaire, accompagné de Marie, que je peux apprendre à devenir meilleur, à T'aimer, à m’oublier et à me mépriser moi-même. » (p. 359)

Et Raphaël poursuit son chemin spirituel vers les hauteurs... Il vit dans une grande solitude. Il écrit des méditations dans lesquelles transparaissent ses souffrances physiques et morales, mais aussi la joie profonde qui découle du détachement auquel il est parvenu : 

« Ni ma vie, ni la santé, ni la maladie ne m'importent plus. Je ne trouve de consolation qu'à faire sa Volonté. » (p. 382)

Sa santé décline, mais Raphaël refuse de rester chez ses parents où il serait mieux soigné qu'au monastère. Il se prépare à l'ultime détachement :

« Ce matin, j'ai offert ma vie au Seigneur ! Elle n’est plus à moi... qu'Il en prenne soin s' II le veut, car je ne pense plus m’en occuper (…) Je Lui ai donné mon cœur ; je Lui ai donné ma volonté ; je lui donne maintenant ma vie, il ne me reste qu'à mourir quand Il le voudra ! Que sa Volonté s'accomplisse, et non pas la mienne ! » (p. 370)

Et vient l'ultime étape. Raphaël avait définitivement renoncé à toute vocation officielle. Et voilà qu’au début du carême, le Père Abbé lui annonce qu’il lui donnera la coule et le scapulaire noir des moines. Sur le moment, il est fou de joie, mais très vite, il se reprend :

« Jésus seul remplit le cœur et l'âme ! » (p. 418).

Ce sont les derniers mots qu'il écrit.

Le 22 avril son père vient lui rendre visite. Raphaël est si rayonnant de joie qu’il ne se doute pas que son fils passe ses derniers jours sur la terre. Dès le lendemain, celui-ci s’alite et entre petit à petit dans une agonie très douloureuse.

« Ma fin est proche. Je partirai bientôt pour le ciel. » (p. 427)

Raphaël meurt le matin du 26 avril 1938. Il a 27 ans.

(Citations extraites de Frère Raphaël Arnaiz Baron, Écrits spirituels, Editions du Cerf, Paris 2008).

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